dimanche 11 octobre 2009

Hecq - Steeltongued


Ben Lukas Boysen, AKA Hecq est un sound designer qui compte MTV, Nike ou Audi parmi ses clients. Je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine fascination pour ces univers sonores même si l'exercice est extrêmement balisé. L'effet nouveauté joue aussi (ce type de musique l'est relativement) et on peut se demander si ça mène quelque part et ce qu'il en restera dans quelques décennies, mais j'y peut rien, c'est beau.

Marussia Promotion Spot HD from proxell.tv on Vimeo.



Son dernier album se nomme Steeltongued, attention hein, c'est de la texture sans couleur, peu de notes mais essentiellement rythmique. Ou alors c'est genre "je tiens le mi pendant 5 minutes". Intéressant...

Thavius Beck - Dialogue

Thavius Beck, encore un rappeur qui refuse de rester dans son tiroir. ça date sûrement de l'époque où il officiait avec Global Phlowtations, je connais pas bien mais c'était déjà original et un poil glauque. J'avais été haché menu par les lames acérées de Decomposition, son album de 2004 avec un son très pointu, à la limite de la torture. Entre temps il entre dans l'entourage de Saul Williams et Nine Inch Nails avec qui il produit et remixe, ça s'entend dans ses instrus. Ce Dialogue est un produit de tout ça, un electro hip hop étouffant, synthétique, froid, une bande son pour THX 1138 ou je ne sais quelle vision flippante d'un futur totalitaire. Un disque malade et oppressant qui ne s'écoute pas à la légère, avec une vraie audace, des superpositions de sons synthétiques et des cuts en raffale . Pour preuve ce Go ! qui n'a pas froid aux yeux.



Pour une son entrée chez Big Dada (écurie Ninja Tune) Thavius Beck frappe fort.

Speech Debelle - Speech Therapy


Il y a bien longtemps que le hip hop a pris sa revanche sur le rock, au point que les radios nous vomissent chaque semaine leur lot de "nouveaux talents" toujours dans la surenchère. Je sais pas vous mais moi j'ai atteint un niveau de saturation qui frise l'écœurement depuis quelques années. J'ai trouvé refuge chez Ninja Tune (Roots Manuva, The Herbaliser), les vieux trucs (Beastie Boys, Kool Keith, Ultramagnetic MC's) ou les touche à tout (Dan the Automator, Alias, ediT, Thavius Beck, Saul Williams). Speech Debelle émerge dans la première catégorie, plus précisément chez Big Dada. On peut se demander si le marché a besoin d'une énième production du genre qui a priori n'a aucune raison de sortir du lot, du moins c'est dans cet était d'esprit que j'aborde ce disque.

Et bien figurez vous que ce Speech Therapy est très rafraichissant. Il reprend les poncifs du genre, mais l'habille avec une foule d'instruments acoustiques, des accents jazz / acid jazz, une jolie voix de jeune fille, et des compos charmantes. Voilà un disque maîtrisé avec quelques moments de pur génie (Better days feat Micachu). La jeune britannique s'est vue remettre le Mercury Prize 2009 (album de l'année outre Manche), on peut dire qu'elle s'est évadée de l'underground. Parfois je me demande s'il n'y a que chez nous qu'on s'obstine à passer de la bouse à la radio...



Bref, je suis sous le charme, Roots Manuva n'y est surement pas étranger, on sent sa présence en coulisse (et en featuring). Speech Debelle est en tournée en France ce trimestre, certainement une belle rencontre.

vendredi 9 octobre 2009

the flaming lips - embryonic

et voici mes copains qui reviennent sur le devant de la scène (qu'ils n'ont d'ailleurs pas quitter vu le nombre de création en ce moment) avec un nouvel album embryonic tout aussi perché que pouvaient l'être leurs précédents projets.
un nouvel album est une bonne grosse baffe. depuis l'énormissime et non moins contemporain tellurique at war with the mystics en 2006 (je ne remonte pas plus loin cela durerait trop longtemps, on avait eu droit en 2008 à un album/film christmas on mars, album instrumental totalement barré, un genre de pot pourri de ce qui se fait de mieux dans le système solaire hors de notre planète.
embryonic quant à lui est un album bien de chez nous mais grandement intemporel. voilà le genre de musique que l'on écoutera dans 30 ans.
d'ici là on sera passé par le néo électronica punk, le math disco et le rock pulsonique (je sais pas encore ce que c'est mais ça a pas l'air mal, on verra en 2021 si on est encore la!!)
bref il faut s'accrocher grandement pour ne pas faire voler ce disque devant l'incompréhension générale. bien évidement je ne saurais trop vous conseiller de fermer vos fenêtres ainsi que vos volets sous peine d'aller chercher votre pc quelques étages plus bas.
l'album est génial tout simplement, il s'enchaîne parfaitement, vous prends à revers et vous fait voyager la tête à l'envers...
les cordes sont pincées, les orgues électroniques et le tempo souvent à contre temps, le tout est super cohérent. les rythmiques sont très épurées, assez simples et au combien étonnantes.
je ne vais pas rendre compte de tous les titres, c'est un double album auquel nous avons à faire, mais si j'aime tous les titres, certains sortent vraiment du lot.
aquarius sabotage#4 est un peu le titre qui explique l'ambiance générale de l'album, l'intro est chaotique, on ne comprends pas grand chose et puis peu à peu tout se calme pour devenir limpide mais surtout apaisant.
à côté de ça les autres titres sont beaucoup moins compliqués, et voici ci-dessous 3 titres à écouter, dans l'ordre convinced of the hex#1, the impulse#15 et silver trembling hands#16.



le tout est psychédélique, les voix sont trafiquées, les mélodies alternent entre effets lancinants tout en retenus et autres passages terriblement entraînants qui vous explosent à la figure.
embryonic ne s'endort pas sur ses lauriers, et qu'on aime ou qu'on ne comprenne pas, force est de constater que la sortie des albums des flaming lips sont toujours à part.
quand je dis ça, je le prouve, vous aussi procurez vous l'album deluxe tout en fourrure, c'est là.
dernière info, vous pouvez chercher sur le net l'album s'y trouve en écoute intégrale et gratuite s'il vous plaît.

mercredi 30 septembre 2009

YACHT - see mystery lights

YACHT fait danser les chaussures et vous avec, c'est très hype, voire tendance. si vous êtes dans le coup vous connaissez YACHT sinon vous faites comme moi vous écoutez.
bon avant que je ne me fasse insulter, je fais prévaloir le fait que cet album sort des studios de DFA et cet album sue la production de james murphy pour le pire et pour le meilleur.
les albums précédents contrastent, j'ai écouté quelques titres et c'était très expérimental mais un brin fouillis, alors que maintenant c'est plus électro rock comme quoi une bonne prod parfois change tout.

pour vous donner une idée de ce qu'ils faisaient avant voici women of the world.


see mystery lights démontre à l'instar de sounds of silver qu'il y a du bon dans la hype américaine. moins léchée que LCD, plus expérimental que the rapture, le duo alterne entre triturage de beat électro et élecro rock déjanté, mais un brin trop tranquille.
c'est frais et ça ne manque pas de piquant, c'est assurément un album à écouter quand on boie des choupitos (attention l'abus de cet album nui gravement à votre foie), ben oui je vous ai dit que l'album était assez calme, donc pour palier au problème...

il manque donc un petit quelques chose, l'album s'essouffle, et finalement on revient toujours aux mêmes titres, c'est un peu dommage, à croire qu'ils n'ont pas encore trouvé leur propre style. en tout cas on ne retrouve pas l'énergie des premiers titres, dommage encore une fois.
bon j'arrête sinon autant pas en parler, ou alors autant parler du dernier album de muse, ça va je déconne.

voici donc quelques titres en vidéo.

the afterlife#2



psychics city#5



summer song#6



sans oublier le dernier titre psychic city (version)#10 qui est ma fois assez loufoque, ça sert à rien c'est cadeau mais il vous faudra vous procurer l'album pour cela, on a rien sans rien.

lundi 28 septembre 2009

The Swamp - Back To The Swamp


Allez, un peu de copinage ne nous fera pas de mal.
Surtout que dans ce copinage-là, il y a du rock'n'roll, du vrai, du qui tâche, du qui vient direct de la vieille école et qui tombe des quilles de whisky à chaque concert.
Ce rock-là, c'est celui de The Swamp, formation strasbourgeoise composée d'un quatuor de trentenaires qui connaissent leurs classiques (voire, pour le coup, ceux de leur parents sur le bout des doigts). Bon, moi je n'y connais pas grand chose en rock blues/garage un peu punkisant, presque d'un autre âge, alors je vais pas étaler ma non science mais ce son brut de décoffrage véhicule une énergie ma foi fort communicative.

Les frères Dave et Tom Swamp, assurent respectivement chant/guitare et chant/batterie. Si je dis que j'entends Elvis qui a pris du speed, ils vont bien le prendre, vous croyez ? Pour moi, c'est plutôt un compliment. Derrière, les deux autres manches sont tenus par Tristan "The Doc" Thil et Mr. X "Motherfucking" K (qui est un bon ami, d'où le copinage). On sent que ça a bossé le son et fait chauffer les lampes, pour sûr... C'est gras dans les soli, ça dégouline dans les cocottes, ça grouille de saletés directement venues du fond du marécage. Les voici en juin 2008 à Strasbourg, ça date un peu mais faudra faire avec...


Oui, le Swamp aime le cambouis et le Swamp aime l'électricité mais pas trop l'électronique. Et pour cause. Après un premier CD éponyme made in Bas-Rhin, avec du crocodile et de la Rickenbacker dessus (signé Baru, s'il vous plaît), qui donnait bien le ton et a permis à nos hommes en noir de sillonner l'Alsace, la Lorraine et même Israël (oui, je sais aucun rapport, mais quand même, une tournée multi-dates là-bas en été 2008), ils sont carrément partis à New-York pour remettre le couvert. Et pas n'importe où. Dans un temple underground voué au culte d'appareils que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître, à l'enregistrement sur bandes et aux vieux amplis au son inimitable. Le studio NY-HED de Matt Verta-Ray, vrai rockeur à vrai tête de rockeur semble-t-il connu dans le milieu. Le même Matt qui officie avec Jon Spencer (himself) dans le groupe Heavy Trash. Résultat de cette collaboration : un album qui sort uniquement en vinyl (pochette reptilesque de Mort Todd, re s'il vous plaît), là sous peu de maintenant, accompagné d'un DVD qui contiendra, je cite "1 docu sur Israël, 1 docu sur New-York, un live de 5 ou 6 morceaux, le clip de Ending Hollywood, et bien sûr l'album au format numérique" pour le commun des mortels qui, comme votre serviteur, n'appartient pas au Swamp et n'a plus de platine depuis des lustres.


Je vous avais prévenus, le Swamp fait les choses à l'ancienne, et de ce fait prend le temps de bien les faire. Ils seront à Paris au Glazart le 8 octobre, si ça vous botte (de cowboy). Le Swamp c'est bon, mangez-en !

Leur Myspace
La vidéo de Ending Hollywood (j'aime moyennement ce titre mais le clip est entièrement réalisé par le bassiste, donc respect).

dimanche 27 septembre 2009

Alias - Resurgam

Joli retour d'Alias avec ce Resurgam chez Anticon, toujours dans le hip hop electro, souvent instru. Un bel apperçu dans ce titre chanté par Yoni Wolf de Why ? (aussi entendu dans 13+ God, Boom Bip et cLOUDDEAD entre autres), j'aime bien la façon qu'a ce label de faire du rap, c'est l'inverse des clichés habituels. Les codes musicaux sont là mais débarrassés du superflu.

Un disque agréable que je risque d'écouter aussi souvent que All things fixable.