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vendredi 29 mars 2013

wooden wand - blood oaths of the new blues


rha faut s’occuper de tout en ce moment, et notamment du dernier album wooden wand. un album sorti en début d’année que j’avais mis de côté afin de pouvoir écouter des groupes plus connus, tout en espérant qu’il soit de mauvaise facture, ça me fera toujours de ça à chroniquer, rha faignantise quand tu nous tiens... et bien il n’en est rien et 2 mois plus tard, l’album n’a toujours pas pris une ride et reste un sommet de la folk. 

blood oaths of the new blues, que l’on pourrait traduire par croix de bois, croix de fer on s’ouvre la main, on mélange notre sang au nom du néo-blues et puis pour l’enfer on verra plus tard, ne signifie pas grand chose si on n’a pas été scout dans sa jeunesse. en plus il va de soit qu’un bon album de folk/blues transpire toujours les bonnes soirées communautaires assis autour d’un feu au beau milieu d’une forêt bien sombre. voilà le cadre est planté, vous n’avez plus qu’à vous laisser prendre au jeu.

j’aime la folk quand elle est simpliste, j’aime la folk quand elle vous prends au corps et j’aime beaucoup quand elle reste au final assez actuelle. j’aime aussi la folk quand elle revient d’outre tombe (cf timber timbre) ou quand elle est chantée d’une voie nasillarde (cf the tallest man on earth) mais c’est pas le sujet ici.

ils sont cinq et on entend tout au plus 3 instruments (voix comprise car oui ça compte bordel). alors il y a celui qui met l’ambiance avec sa guitare sèche, celui qui n’a pas peur de chanter et enfin celui qui fait les percussions, les deux autres doivent rouler les joints et allumer le feu je sais pas trop.

dans sa construction l’album est assez étrange, déjà les deux premiers titres font la moitié de la durée de l’album avec un premier titre no bed for beatle wand/days this long#1 de presque 12 minutes à lui tout seul. sinon ce titre est plutôt excellent et semble résulter de l’addition de deux chansons (déjà le titre donne un indice). car après une intro de trois minutes trente, tout semble enfin démarrer. la mélodie qui s’est déjà répétée vingt-huit fois en 210 secondes continue mais si la base ne change pas, tout semble pourtant différent, le titre retrouve un nouveau souffle et sans trop d'artifice wooden wand arrive à nous faire aimer ces presque 6 minutes ou tout se répète. le milieu du titre mute un peu, on sent bien que les choses ont changé, l’ambiance, elle, reste la même, à savoir une mélodie simple et une rythmique lente. c’est lent, contemplatif, et ça tourne en boucle puisque les dernières minutes sont les mêmes que les premières.

ça bouge pas beaucoup mais c’est beau et c’est peu de dire qu’on a eu le temps de se mettre dans l’ambiance. Le second titre outsider blues#2, le chef d’œuvre de l'album, a aussi une construction assez lente, il fleure, comme tout l’album, bon la nostalgie sans jamais y verser entièrement. ses mélodies sont simples, tournent en rond mais insufflent aux titres de belles émotions.



mais comme l’immobilisme n’est qu’un point de vue, dome community people (are good people)#3 vient bouleverser tout ce en quoi on croyait. sa guitare noisie et la durée du titre (1 minute trente) sont à l’opposé de ce qui nous a été proposé jusqu’à présent. dungeon of irons#4 laisse entrevoir des guitares électriques, les titres sont plus changeants et certains on même plus de corps, plus d’éléments, plus fourni quoi. et puis au milieu de ce dédale de saturation, on trouve southern colorado song#6. un titre une fois de plus magnifique, irréel, porté par les chœurs et sa guitare qui arrive enfin à l'apogée de ce qu’elle est capable de donner. (bon on l'entends moins sur la vidéo suivante puisqu'il manque les arrangements studio, mais c'est pas grave puisque que vous êtes déjà en train de charger cet album donc vous verrez forcement de quoi je parle).



wooden wand a au final son propre univers et ça s'entend. ce dernier n’est pas novateur mais ne fait jamais de la plagia.

lundi 2 avril 2012

mark lanegan - blues funeral


et qui revoilà en ce moment, mark lanegan lui-même sort un nouvel album, en solo cette fois.
on ne présente plus mark lanegan, il a tellement fait et apporté que son oeuvre est assez colossale, il est un peu l'oncle que tout le monde voudrait avoir, il connaît tout le monde était là à tout les bons coups, des screaming trees au milieu des années 80 à aujourd'hui, je n'ai pas recensé une seule faute de goût. cela fait presque 30 ans qu'il bourlingue sa magnifique voix sur différents projet et comme à chaque fois il s'en sort magistralement.

et donc huit ans après l'exceptionnel bubblegum, il revient seul pour nous planter un album d'une grande richesse musicale. blues funeral est plus posé, les titres sont voluptueux et se savoure sans modération.
il débute avec the gravedigger's song#1, et rien que par ce titre, mark fait la différence. je ne vais pas rajouter encore des superlatifs, je vais commencer à en manquer, mais ce titre est vraiment une tuerie, je pourrais l'écouter en boucle toute la journée, en plus je trouve qu'il fait un peu le lien avec bubblegum.



car ensuite l'album voltige sur des ambiances plus douces qui font encore la part belle à sa voix. le rock stoner brut de décoffrage qu'on lui a connu est mis de côté, et on a plutôt droit à des mélodies distordues, sales qui sentent le souffre. l'univers du bonhomme est grand et blues funeral nous fait presque découvrir une nouvelle facette du songwritter qu'on lui connaissait moins, enfin au final le résultat est au rendez vous et blues funeral est encore un grand album.
alors il est sûr que les fans des débuts pourraient ne pas s'y retrouver, mais ben franchement je ne trouve rien à redire. l'album est envoûtant, très bien produit bien qu'un peu long, mais on ne va pas râler pour si peu.


voici pour finir tiny grain of truth#12 qui clos cet album tout en finesse, tout en poésie, une fois de plus du grand mark lanegan.





j'aurais pu citer d'autre titres, mais je vous laisse la surprise, en tout cas moi j'ai déjà la galette chez moi!! merci pour tout grand maître.

mercredi 22 février 2012

hanni el khatib - will the guns come out



hanni el khatib a fait un grand bon dans le futur et est revenu des années 50-60 à nos jours en un grand écart judicieux.
cet ancien graphiste à la cool, a franchit le pas de l'écriture pour nous pondre un album aux racines folk blues country.
sa musique est simple, et quasiment construite autour de deux instruments, une guitare folk, acoustique ou électrique selon les titres et une batterie assez légère.




le californien aime également les sons gras et déstructurés, son rock a du cambouis sur les cordes et ça sonne très garage avec fuck it! you win#2 ou come alive#5 et leurs monos rifts caverneux.



mais il a aussi une autre facette qui comme je le disais prend ses racines à une époque où vos parents n'écoutaient pas encore de rock et où ce dernier commençait à peine à s’émanciper à l'instar de dead wrong#4.



à tout ceci on retrouve une fin d'album plus folk avec des titres taillés pour l’acoustique et les bœufs entre amis, c'est chaleureux et au combien envoûtant.

l'écoute est au final assez simple, et on peut remercier hanni el khatib de nous refaire découvrir cet univers depuis bien longtemps oublié, en gros les premiers émois du rock.
de plus avec ses sons désuets et sa production plus qu'actuelle (pour un premier album c'est limpide et malgré un style garage, l'enregistrement est léché), le mélange est assez inhabituel, cela n'en fait pas un ovni, mais il est rare d'entendre un tel album et de qualité de surcroît.

vous l'aurez compris il ne faut pas faire l'impasse, bien au contraire, hanni el khatib arrive à rendre actuel tous ces sons et sa cuisine prend vite forme et vous ensorcelle. will the guns come out est donc un disque à acheter d'urgence.

lundi 12 décembre 2011

sixteen horsepower - yours, truly



je ne suis pas un grand fan des best of, surtout quand ceci sont imposés par les majors où qu'ils ne servent qu'à ramasser un peu plus d'argent. pour preuve cet album est sorti depuis presque un an. mais celui là il me le faut, non pas que je n'ai pas les albums (les petits sont bien rangés au chaud), mais l'objet est joli et surtout il y a un second album avec des raretés.




il y a donc deux albums (people's choice et rareties), le premier composé de titres plébiscités par le public et le second comme son nom l'indique avec des versions b, des sessions radio qui n'ont jamais été éditées.
déjà six ans que le groupe franco-américain a plié boutique, et c'est en écoutant ce double album que j'ai réalisé combien leur musique est indémodable. formé en 1992 par david eugene edwards, pascal humbert et jean-yves tola (deux français quand même), le groupe n'aura signé au final que quatre albums dont trois fabuleux, à savoir sackcloth 'n' ashes (1996), low estate (1997) et secret south (2000). ouais on se retrouve 15 ans en arrière et pourtant leurs titres sont toujours aussi bons, endiablés, aiguisés, saignants mais aussi touchants, nostalgiques ou posés, les black soul choir, for heaven's sake, poor mouth, low estate ou i seen what i saw (j'ai supprimé les superlatifs, mais vous pouvez toujours reprendre depuis le début en ajoutant des "fabuleux" et des "dantesque")  ont de beaux restes et sont assurés de toujours rester dans ma médiathèque. 16 horsepower peut-être considéré comme un grand de la musique folk/blues.
la seconde galette est un régal, on retrouve des titres moins "connus" voire inconnus à l'instar de worry, ainsi que flowers in my heart, bad moon rising, le puissant cinder alley ou encore le titre en duo avec bertrant cantat the partisan. franchement que du bon!

voilà merci de me rappeler que 16 horsepower fut le premier groupe de folk auquel je me sois intéressé, intérêt qui ne s'est finalement jamais tari.
voici donc un beau cadeau noël, car que vous l'achetiez où qu'on vous l'offre, de toute manière il vous faut ce yours, truly.

pour le plaisir...




mercredi 20 avril 2011

timber timbre - creep on creepin'on



j'en remet une couche avec le nouvel album de timber timbre. j'étais déjà sous le charme de l'opus précédent de 2009 que je n'ai découvert qu'en début d'année. une fois de plus je ne saurais que louer le talent de ce groupe canadien qui sort déjà son quatrième album creep on creepin'on.
tout vous transporte dans un autre monde, aussi bien sur le plan musical qui renferme leur univers bien propre baigné de folk, que sur les ambiances qui paraissent assez étranges tant elles sont d'un autre temps.


le groupe de taylor kirk revient une nouvelle fois avec son rock folk/blues, mais ce dernier par rapport à leur album éponyme timber timbre de 2009 est encore plus lointain.plus sombre également à l'instar des titres instrumentaux obelisk#2 et swamp water#5.

creep on creepin' est joué avec toute la panoplie des instruments aujourd'hui peu ou plus utilisés. avec leurs guitares baritones, lap steel, leur autoharpe, leur clavier clair ainsi que leurs violons, le groupe imprime un rock très années 50/60. une ambiance désuète qui permet à creep on creepin'on de se démarquer un peu plus de son prédécesseur.

ils vont encore plus loin et ne tombent jamais dans la facilité, voilà qui a tout pour me plaire. pour la petite histoire sachez que l'album a été enregistré dans une petite église du québec transformée en studio d'enregistrement et propriété d'arcade fire.

je trouve cet album moins linéaire que le précédent et bien plus puissant. cet album a un petit truc en plus, l'ambiance sombre et pesante, ligne de conduite de l'album, contraste magnifiquement avec d'autres passages beaucoup plus légers.
woman#6 en est le parfait exemple, avec le clip officiel s'il vous plaît.



dans un autre registre (enfin un autre!) do i have power#9. ce titre est tout en volupté, l'ambiance est cette fois-ci très mélancolique, un saxophone au timbre (ah tiens!) lugubre fait son apparition, il prend au corps et donne à ce titre un peu timide au début, un final dantesque.



une fois de plus timber timbre nous amène pour un grand voyage, vous n'avez plus qu'à prendre votre ticket.

dimanche 27 mars 2011

Boubacar Traoré - Je chanterai pour toi

Je sens que ça va jaser. On va encore se foutre de moi, mais tant pis. Hum hum... Donc, même si comme vous le savez, je ne suis pas versé dans l'africanisme musical, c'est un artiste malien que je vous propose aujourd'hui. Pas d'afro beat à l'horizon, mais un auteur de chansons populaires d'une intensité rare. Si le moindre doute subsistait quand aux origines du blues, nous voilà fixés. Si le blues est américain, c'est avant tout une musique noire. Comme une maladie vénérienne elle est revenue sur sa terre natale en suivant les hommes et ça donne ça.



Boubacar Traoré, dit Kar Kar (son surnom de footballer) ou le Elvis malien (une belle connerie, rien à voir) a autour de la soixantaine. Il a vécu la majorité de sa vie dans la misère et c'est peut être lui qui a fait les travaux de la maison de vos parents fin 80 lorsqu'il vivait en France avant qu'un producteur anglais ne retrouve sa trace. Allez, assez pillé son article Wiki, écoutez plutôt comme c'est beau.



Ne vous privez pas de ça, ça serait dommage.

vendredi 11 mars 2011

timber timbre - timber timbre


gros coup de cœur, et pourtant j'ai du mal à me sortir de pj et radiohead, mais quand il faut il faut, et puis le groupe se prépare a sortir un nouvel le mois prochain.
mais pour ces canadiens férus (montreal et toronto) de musique folk/blues, je me devais de me remettre au boulot. imaginez vous autour d'un feu haut de trois mètre avec des gens, des troubadours pour la plus part que vous ne connaissez même pas, mais qu'importe vous êtes bien, serein, enfin heureux quoi!

derrière des roulottes, la forêt cache une nuit qui commence à tomber. l'ambiance est des plus agréable, une communion s'installe. voilà le cadre parfait pour le troisième album de timber timbre, sobrement nommé timber timbre.

les trois membres jouent leurs mélodies et on n'a plus qu'a se laisser porter par ces titres tous aussi bouleversants les uns que les autres, mais comme disait jean-pierre papin : "mélancolie n'est pas mère de tristesse", et cet album respire l'espoir, la joie de vivre malgré les difficultés, les vieilles intrigues depuis bien longtemps oubliées, heureusement tel de précieux historiens, timber timbre nous ravive la mémoire.
plus la soirée passe et plus les histoires deviennent prenantes, l'ambiance pesante, l'heure des frissons arrive.....
du début à la fin on est enveloppé par leur univers folk tinté de blues, c'est fort, c'est beau, c'est un album pour les gens qui aiment les belles mélodies simples bien de chez eux qui vous prennent aux tripes.

l'album éponyme ne serait rien sans la voix de taylor kirk, elle est rocailleuse et s'oppose bien à la mélodie somme toute tranquille organisée autour de la guitare. les titres sont épurés au maximum, l'autoharpe et le violon de simon trottier et mika posen sont très discrets et donnent des effets vintage à la musique qui prend un peu de hauteur.

voici demon host#1, si ce titre ne vous sied pas alors je ne comprends plus rien. en tout moi il m'a retourné tout autant que l'album.



seconde tentative, je ne lâche rien avec we'll find out#5 et ses chœurs qui me font penser à du 16 horsepower



mais qu'entends je, vous adorez, forcement.... en cadeau voici encore une petite merveille, magicarrow#4



cet album est sorti en 2009, ok c'est pour moi, mais je tiens, pour ceux qui apprécieront cet album, à porter votre attention sur le 5 avril de cette année pour la sortir de leur quatrième album que je tacherai de ne pas manquer, en attendant vous pouvez faire un tour sur leur site .

mercredi 9 février 2011

cold war kids - mine is yours


cold war kids a sorti son troisième album, mine is yours. je ne sais pas si j'en attendais trop mais c'est la déception. j'ai pu lire sur plusieurs sites que c'était l'album de la confirmation, j'ai bien l'impression que certaines critiques veulent plus faire plaisir qu'autre chose.

non mine is yours n'arrive pas à la cheville de loyalty to loyalty. combien de fois ai je pu écouter cet album, ce rock feutré de blues, ses ambiances chaudes aux sons gras trop amplifiés, la voix hypnotique et haut perchée de nathan willett, enfin du bon en barre avec un vrai caractère en somme.

et là plus rien, un album dénué de tout ce qui faisait l'originalité du groupe comme si il avait vendu leur son au diable pour vendre plus d'album.
même la pochette ne vaut pas tripette, comme quoi quand rien ne va!

j'y vais un peu fort, l'album n'est pas si mauvais que ça, mais il n'apporte rien de plus dans la discographie, c'est comme avant mais sans la saveur, il est lisse. c'est bien simple si il n'y avait pas le titre bulldozer#8, je n'écouterais déjà plus l'album. pour finir sur une bonne note, j'ajouterais que ce titre et pour moi un des meilleurs jamais écrit par le groupe, comme quoi.



j'attendrai leur quatrième opus dans trois ans pour me réconcilier avec eux, on ne peut pas se quitter comme ça.

mardi 15 juin 2010

Talk Talk - Spirit of Eden


Ouais alors je sais, chroniquer un disque de Talk Talk alors que je me la joue underground tout le temps c'est prendre des risques inconsidérés. Mais justement, je compte bien retourner la situation à mon avantage.

Talk Talk pour nous c'est surtout des tubes radio qu'on nous a passés en boucle pendant 20 ans : Such a shame (1983) ou It's my Life (1984), et qui servaient à à emballer de la working girl avec une choucroute sur la tête. Such a shame ? mais siiii, la pub pour la Pigeot 205 ! Allez je n'y résiste pas :



Ah ouais quand même. Mais pourquoi on en parle me direz-vous. Bin il se trouve que Talk Talk est un bel exemple de groupe broyé par la célébrité et sa maison de disques. Lassés par les disques pop et les synthétiseurs, Mark Hollis, Paul Webb et leur troupe prennent un virage qui ne sera pas du goût d'EMI, surtout en 1988 lorsque Spirit of Eden est sur le pont d'atterrir dans les bacs. L'album est composé de 6 titres entre 5:24 et 8 minutes, autant dire que le format radio n'est pas respecté. L'album est à dominante post rock, très lent, issu de sessions d'impro mixées et à des années lumières de l'image qu'ils s'étaient construite jusqu'ici.



On reconnait la voix de Mark Hollis, on aime ou on aime pas, j'avoue qu'il m'a fallu un peu de temps pour me débarrasser de cet arrière gout de Such a Shame. Au moment de la sortie du disque, EMI essaie de faire de I Believe In You un single comme à la bonne époque. Le titre est charcuté et remonté contre l'avis du groupe, on tourne un clip, et l'album fait un bide commercial retentissant. Normal, il est très bon, le Talk Talk de Spirit of Eden n'a plus rien à voir avec ce qu'ils étaient 5 ans auparavant. Suite à ça, pas de tournée, période difficile et relations tendues avec la maison de disques qui finit par sortir deux compilations, dont une de remixes dance qui fera vomir le groupe, puisque produit sans leur accord. Procès avec EMI, split du groupe, la totale. On retrouvera toutefois le bassiste Paul Webb (sous le nom de Rustin Man) aux côtés de Beth Gibbons (Portishead) sur l'album Out of Season, et le chanteur Mark Hollis dans le collectif UNKLE sur Psyence Fiction.

Alors ce disque n'est peut-être pas le meilleur du genre, mais on peut tout de même saluer la volonté du groupe de s'accomplir en tant qu'artistes quitte à remettre en jeu sa base de fans (donc son gagne pain). On peut aussi saluer la fantastique ambiance de Spirit of Eden, un disque qui sonne étonnamment d'actualité.

jeudi 3 juin 2010

Solex vs. Cristina Martinez and Jon Spencer - Amsterdam throwdown king street showdown


Cristina Martinez, compagne de Jon Spencer du Blues Explosion, connue pour ses méfaits avec Boss Hog et Pussy Galore, fait équipe avec sa moitié pour un disque qui a un nom à rallonge. On ne peut pas dire que les dernières offrandes de Boss Hog aient été à à la hauteur, mais l'album éponyme squatte toujours mon Winamp. Solex quant à elle fait de l'electro à Amsterdam mais j'avoue ne pas en savoir beaucoup plus.

Une belle surprise que cet album. Les deux énervés du blues rock psyché ont mi de l'eau dans leur vin, et si le plus souvent ça rime avec daube fumante, ici ça n'est pas le cas. Une pincée de soul, une ambiance retro, un zeste d'electro, le tout sans dénaturer la recette de base. Le résultat se situe quelque part entre les productions respectives des deux protagonistes, et me rappelle un peu les excellentes Cibo Matto.



Un disque parfait pour partir sur les routes, je me ferais bien quelques vacances moi.

samedi 13 mars 2010

Son of Dave - Café de la Danse 12.03.2010

Fin de semaine, bien nase, il a fallu qu'on se fasse violence pour aller voir Son of Dave au Café de la Danse vendredi dernier. Si on avait pas fait l'effort on serait passé à côté de quelque chose d'énorme. Un gros sourire de débile scotché au visage toute la soirée. Déjà ça commence bien, le Café de la Danse est une toute petite salle avec des gradins pour poser nos vieux fessiers, feignasses que nous sommes. Puis Ben Darvill débarque en pyjama et robe de chambre, chapeau et lunettes noires. Il s'assoit sur sa chaise, procède à deux ou trois réglages en marmonnant dans sa barbe. Et ça commence. Human beat box, harmonica, et rythme à coups de talons. Hop, je fabrique une loop avec le séquenceur à mes pieds, puis je brode par dessus avec ma voix de bluesman et mon harmonica. Le gars a une classe énorme malgré son accoutrement. Tous ces bricolages sont d'une justesse incroyable, on imagine sans peine la cacophonie que ça pourrait être si la précision n'était pas millimétrée.






















Et quel jeu de scène ! Quand il ne sue pas sang et eau à la composition de ses pépites rythm & blues (aucune loop mémorisée, si l'une d'entre elles apparait deux fois dans un morceau, il faut la préparer deux fois) Ben Darvill racconte des blagues en franglais, se plaint d'être un "one man band", invite un couple à prendre un verre (ou plutôt quelques bouteilles) sur scène avec lui, leur fait gonfler une banane géante, leur ressert du vin, demande de taper la mesure sur la bouteille, un joyeux bordel bon enfant. "I got booze ! When you have booze, you have friends !"







J'avais pas vu ce type d'ambiance dans la salle depuis G-Love & the Special Sauce il y a presque 15 ans. Un gars plus tout jeune danse devant la scène avec des mouvement dignes d'un Ian Curtis extraverti, avant qu'un type lui demande d'aller faire un tour. Un groupe de filles danse aussi dans un coin, tout le monde passe un très bon moment, ça se lit sur les visages. Pendant ce temps la banane gonflable continue de se promener dans le public. "Someone always steels the banana..."





















Son of Dave
est un ancien membre des Crash Test Dummies, on a découvert son chouette album Shake a Bone enregistré par Steve Albini (chroniqué ici) a paraitre le 22 mars chez Kartel, mais c'est sur scène que ça se passe. Si Son of Dave passe près de chez vous, allez voir sa performance qui tient du théâtre, c'est un ordre.

Quelques photos à voir ici.

samedi 20 février 2010

Son of Dave - Shake a Bone


Son of Dave, ou Benjamin Darvill est un illuminé, mais j'aimerais vous y voir aussi si vous étiez natif de Winnipeg Manitoba, Canada. Winnipeg is a frozen shithole comme dit Venetian Snares. L'homme orchestre fait dans le rock blues sous ecstasy façon Bo Didley ou Jon Spencer Blues Explosion. Shake a bone est produit par Steve Albini à Chicago, ça sent bon les années 50. Gros coup de cœur. Son quatrième album sort le 22 mars chez Kartel, et vous pourrez l'entendre le 12 mars au café de la danse à Paris.




vendredi 20 novembre 2009

fink - sort of revolution

fink aka fin greenall a troqué, assez brutalement, il y a quelques années son pc contre une guitare folk, et l'ancien dj signé on comprends mieux pourquoi chez ninja tunes sort son quatrième album sort of revolution.
cet album navigue entre folk troublantes et rythmiques blues, l'énergie de l'album est puisée dans les percussions, ces dernières n'étant pas foncièrement très virulentes, certains y verront l'ennui profond d'un album qui tourne un peu dans son bocal, les autres y verront un album emprunt d'un univers complexe et sombre propre à fink.
tous les titres ne sont pas du même acabit, mais on y trouve des perles. une simplicité dans l'exécution qui vous balade bon gré mal gré dans vos songes les plus personnels.
il y a 2 genres d'ambiances au fil de sort of revolution. on a soit des mélodies touffues (guitares, piano, violons etc..) tournées plus ou moins vers le dub (de vieilles réminiscences!!) avec souvent un instrument qui prend le dessus : sort of revolution#1, see it all#5 et maker#9, soit des titres plus axées sur le songwriting avec des mélodies simples et douces : six weeks#3, if i had a million#7.
que ce soit l'un ou l'autre je suis cet album là où il m'amène tout au long des 45 minutes, une petite pause douceur dans la journée.

voici sort of revolution#1, cela n'en est pas vraiment une, mais le titre est excellent.

dimanche 8 novembre 2009

The Bakerton Group - El Rojo


Side project des 4 membres de Clutch, un groupe sludge que je vénère. Ici, pas de voix, on fait dans l'instru. Très 70's, ambiance "dernière station d'essence avant le désert". Le son Clutch est là, avec une tendance à l'improvisation et un côté psyché qui donnent une alternative intéressante au travail du groupe. Miam.

Tweak Bird - Reservations

Au rayon stoner cette semaine, l'excellent duo Tweak Bird qui nous sert du rock psyché qui sent les dessous de bras. Fantastique album que ce Reservations paru l'an dernier. Le duo batterie / guitare (ampli basse) ne réinvente rien, mais quelle énergie ! Gros coup de cœur.



lundi 28 septembre 2009

The Swamp - Back To The Swamp


Allez, un peu de copinage ne nous fera pas de mal.
Surtout que dans ce copinage-là, il y a du rock'n'roll, du vrai, du qui tâche, du qui vient direct de la vieille école et qui tombe des quilles de whisky à chaque concert.
Ce rock-là, c'est celui de The Swamp, formation strasbourgeoise composée d'un quatuor de trentenaires qui connaissent leurs classiques (voire, pour le coup, ceux de leur parents sur le bout des doigts). Bon, moi je n'y connais pas grand chose en rock blues/garage un peu punkisant, presque d'un autre âge, alors je vais pas étaler ma non science mais ce son brut de décoffrage véhicule une énergie ma foi fort communicative.

Les frères Dave et Tom Swamp, assurent respectivement chant/guitare et chant/batterie. Si je dis que j'entends Elvis qui a pris du speed, ils vont bien le prendre, vous croyez ? Pour moi, c'est plutôt un compliment. Derrière, les deux autres manches sont tenus par Tristan "The Doc" Thil et Mr. X "Motherfucking" K (qui est un bon ami, d'où le copinage). On sent que ça a bossé le son et fait chauffer les lampes, pour sûr... C'est gras dans les soli, ça dégouline dans les cocottes, ça grouille de saletés directement venues du fond du marécage. Les voici en juin 2008 à Strasbourg, ça date un peu mais faudra faire avec...


Oui, le Swamp aime le cambouis et le Swamp aime l'électricité mais pas trop l'électronique. Et pour cause. Après un premier CD éponyme made in Bas-Rhin, avec du crocodile et de la Rickenbacker dessus (signé Baru, s'il vous plaît), qui donnait bien le ton et a permis à nos hommes en noir de sillonner l'Alsace, la Lorraine et même Israël (oui, je sais aucun rapport, mais quand même, une tournée multi-dates là-bas en été 2008), ils sont carrément partis à New-York pour remettre le couvert. Et pas n'importe où. Dans un temple underground voué au culte d'appareils que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître, à l'enregistrement sur bandes et aux vieux amplis au son inimitable. Le studio NY-HED de Matt Verta-Ray, vrai rockeur à vrai tête de rockeur semble-t-il connu dans le milieu. Le même Matt qui officie avec Jon Spencer (himself) dans le groupe Heavy Trash. Résultat de cette collaboration : un album qui sort uniquement en vinyl (pochette reptilesque de Mort Todd, re s'il vous plaît), là sous peu de maintenant, accompagné d'un DVD qui contiendra, je cite "1 docu sur Israël, 1 docu sur New-York, un live de 5 ou 6 morceaux, le clip de Ending Hollywood, et bien sûr l'album au format numérique" pour le commun des mortels qui, comme votre serviteur, n'appartient pas au Swamp et n'a plus de platine depuis des lustres.


Je vous avais prévenus, le Swamp fait les choses à l'ancienne, et de ce fait prend le temps de bien les faire. Ils seront à Paris au Glazart le 8 octobre, si ça vous botte (de cowboy). Le Swamp c'est bon, mangez-en !

Leur Myspace
La vidéo de Ending Hollywood (j'aime moyennement ce titre mais le clip est entièrement réalisé par le bassiste, donc respect).

samedi 29 août 2009

Brendan Benson - My old, familiar friend


J'ai hésité à poster un avis sur le nouveau Brendan Benson. Suis-je dans la cible ? Et merde, vu le nombre de fois que je me suis envoyé le formidable One Mississippi, j'ai bien le droit de dire ce que j'en pense. Ce que j'en pense ? Et bin c'est de la merde en boite. Ah oui je sais c'est pas très construit comme argumentation, pas très mature, mais c'est la vie, ici c'est les Arnok. On est bien loin de l'énergie de One Mississippi, le songwriter sait toujours songwriter, mais il a oublié pourquoi il le fait. Il en résulte une soupe convenue qui a part quelques rares surprises (feel like taking you home) provoque un ennui profond (You make a fool out of me) ou des vomissements (Garbage day). Blurp.

vendredi 28 août 2009

The Jon Spencer Blues Explosion - Now I Got Worry


Encore une perle pour la rubrique "comment j'ai pu passer à côté de ce disque" : The Jon Spencer Blues Explosion - Now I Got Worry. Je suis dingue de ce truc. Il se prend pour Elvis (sous ecstasy), Il vit sur la même planète que The Cramps, il est complètement possédé.
Une tuerie, ça tourne en boucle chez moi !
Voilà un drôle de clip et une émission de TV qui tourne à l'hystérie.


Clutch - Strange cousins from the west


Les gars de Clutch en sont à une bonne dizaine d'albums maintenant, toujours dans le rock blues bien épais, teinté de metal. Je me souviens de les avoir vus sur scène en première partie de Sepultura il y a plus de 10 ans lors une tournée pour défendre l'album éponyme (il me semble) qui avait dû être assez difficile vu que les fans beuglaient "Seeeepulturaaaah" pendant tout leur set. Clutch ? on était pas venus pour ça. D'ailleurs ça n'a pas grand chose à voir.

Moi Clutch j'adore, surtout l'album The Elephant Riders, Pure rock fury et Pitchfork & Lost needles. Pour Strange cousins from the west, pas de surprise, la recette est la même avec une guitare un peu moins lourde et on peu plus bluesy. La voix est toujours parfaite.



Un disque tout récent qui peut manquer de conviction par moments, mais qui donne tout de même envie de réécouter Clutch dans l'ensemble.

jeudi 6 août 2009

the dead weather - horehound

et voici le retour de l'hyperactif monsieur white avec son nouveau groupe de rock blues folk, il a nommé lui-même the dead weather.
et ses nouveaux copains sont, alison mosshart (the kills) au chant et à la guitare, dean fertita (queens of the stone age) à la guitare et jack laurence (the raconteurs) à la basse.

et jack dans tout ça, et bien il se retrouve derrière la batterie et aux chants de temps à autre. il a également, pour l'occasion, créé son propre label third man et y a signé horehound.
Pour l'écriture on retrouve principalement alison et dean ou alison et white, du coup l'album ne ressemble pas à un album des raconteurs ou des white stripe, mais plutôt à un combo QOTSA et the kills enregistré par un producteur folk, jack en l'occurence.
l'album a été enregistré en 2 semaines dans les studios de third man.
on est en face d'un album brut de décoffrage avec des lignes très épurées, on sent bien la quintessence du rock alternatif, quand ce dernier se tourne vers les fondements de la musique rock, le folk et le blues quoi pour faire plus simple.
cet album est tout en subtilité, peut-être un brin élitiste, comme peuvent l'être les premiers albums des the kills. c'est pourquoi vous pouvez ne pas aimer cet album au début, vous y reviendrez forcement.
je parle de the kills, forcement VV fait partie du voyage, mais on peut y retrouver pas mal de similitudes dans l'enregistrement et l'ambiance crasseuse aux contours abîmés, le punk n'est pas loin non plus.
VV est toujours aussi féline et son aura donne toute sa force à cet album. et non pour une fois je ne donnerai pas tout le crédit à jack, c'est pas tous les jours non plus, alors on en profite.

voici hang you from the heavens#2 le single de l'album.


et bone house#8