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vendredi 17 mai 2013

deerhunter - monomania


pardon j’ai mis un peu de temps à écrire un nouveau post, mais entre temps j’ai tout simplement failli ne plus rien écrire (oh non pas toi, pas ça, pas maintenant, qu’allons nous devenir???.....). et oui moi aussi j’ai pris le temps d’écouter les derniers albums de yeah yeah yeahs et daft punk alors que je savais pertinemment que ce serait une perte de temps, surtout en ce concerne les américains. ils avaient déjà bien merdé avec it’s blitz, mais là wouaaaaw, j’en suis presque à renier l’ep is is et fever to tell que j’adore. il m’a donc fallu du temps pour rééquilibrer les balances et autres filtres de mes oreilles. y a des groupes comme ça qui ne devrait jamais quitter leur décennie.

bref on va pas faire toute la chronique sur un album de merde, ça ne sert à rien et puis ça me ferait trop de boulot, faudrait écrire aussi sur le dernier album des strokes (mêmes remarques que pour YYYs), ou encore l’album solo de banks (cf le leader d’interpol).

non il vaut mieux parler des groupes que j’aime, et c’est le cas du dernier deerhunter, monomania. je n’ai pas suivi son bilan médical (le monsieur est atteint d’une maladie rare) mais il semble que son traitement fonctionne bien en ce moment, car oui monomania est …........... assez enjoué.
pourtant l’homme est toujours aussi critique et fait attention plus que quiconque pour ne pas tomber dans la facilité de la hype. par contre à force de sortir des albums tous plus géniaux les uns que les autres, un jour, il sera forcement la tête de gondole de la pop sauvage, et là il risque d’être en contradiction avec lui-même. car si l’ambiance pas non plus power pop tranche avec halcyon digest (un de mes albums préféré, il faut le dire), son esprit est toujours aussi obtus, presque punk, même si on ne le sens que sur le fond. une rébellion qui se forge dans une pop rock garage aux multiples larsen et effets de voix, qui au delà de la lumineuse musique laisse une impression de décadence, un sentiment général plutôt pessimiste, la vie est belle oui, mais juste là, à l’instant, demain sera noir.

la pop est bien présente et l’est de plus en plus d’ailleurs, mais n’est pas non plus au point d’évincer la noise ou encore le psychédélisme qui forment toujours la base des créations du groupe. bradford cox a plus fait évoluer sa musique que beaucoup ne le feront en une carrière et pourtant on a tout le temps cette impression d’être à la maison en étant sûr que rien n’a bougé.

l’album commence avec un titre pop assez simple, pour devenir plus foutraque avec leather jacket II#2, qui fait la part belle aux embardées de guitare et aux voix saturées (mélange que l’on retrouve sur l’originale monomania#10). l’abum continue avec un titre qui a la propension d’un hit, comme quoi le bonhomme sait tout faire, les guitares sont claires, presque guillerettes, si ce n’est que le vocodage de la voix et son effet vintage donne au titre un côté indé que peu de radio voudront diffuser. passés quelques titres de bonnes factures et place aux géniaux blue agent#6 et THM#7. deux titres dont les accords en boucle donnent un résultat entêtant. comme c’est beau et surtout comme ça paraît facile. pourtant encore une fois il y a un petit quelque chose de décalé (accords faussés, contretemps, effets dissonants, etc...) qui vous ramène vite dans l’univers mélancolique de bradford.

allez voici un petit florilège de monomania, l’accroche n’est pas aisée, mais je suis persuadé que vous irez plus loin et si après ça vous ne tombez pas sous le charme, je ne pourrais plus rien pour vous.

bonne écoute.

lundi 29 avril 2013

cold war kids - dear miss lonelyhearts


cold war kids revient cette année avec son quatrième opus dear miss lonelyhearts. si la formation a bougé avec la venue de l’ancien membre de modest mouse, le guitariste dan galluci, on note aussi l’ajout d’ambiances électro comme on peut l’entendre dès lost that easy#2.

miracle mile#1 lance l’album avec un titre dans le plus pur style des californiens. un rock enjoué limite possédé qui claque. et on retrouve avec plaisir la voix tiraillée de nathan willet et les guitares plus grasses que jamais qui s’opposent toujours au son clair du piano.

si on commence à entrevoir l’évolution de leur musique avec lost that easy#2, c’est avec loner phase#3 que l’on comprend bien quelle direction ils ont choisi. dans la même veine on retrouve un peu plus loin bottled affection#6 et son clavier dissonant.



mais c’est surtout le titre jailbirds#7 qui ressort de cet album. ce titre pop est lumineux et porte l’album à lui tout seul, il y a tout ce que cold war kids fait de mieux, batterie puissante, guitares tourmentées, piano apaisant et toujours cette magnifique voix au premier plan dont émane une fois de plus une énergie fiévreuse.



dear miss lonelyhearts fait encore dans le mélancolique avec water powers#8 ou encore bitter poem#10, deux titres plus calmes, plus introspectifs, qui nous rappellent le très bon robbers and cowards de leur début.

un bon album en somme, beaucoup d’ambiances enchevêtrées l’ajout d’un son pop plus électro et une écriture retrouvée qui pousse parfois vers le post rock. dear miss lonelyhearts a réussi là où le poussif mine is yours ne faisait que se perdre.

vendredi 19 avril 2013

youth lagoon - wondrous bughouse


calquer des paroles sur des mélodies n’est pas chose aisée, pourtant avec trevor powers, alias youth lagoon, cela paraît simple tant tout est accordé. ses mélodies psychédéliques et la voix androgyne de cet américain se mettent au diapason. en ce sens wondrous bughouse est fascinant, si en plus de ça vous ajoutez une architecture des plus foutraque et une énergie revitalisante, cet album fait l’effet d’une petite bombe.

les titres sont assortis d’effets électroniques qui laissent une impression fantomatique qui n’est pas s’en rappeler les albums de bradford cox (atlas sound et deerhunter). c’est doux, onirique, un peu difficile d’écoute mais au combien impressionnant. si la base de l’album est construite sur des claviers aux sons vaporeux, trevor powers y intègre toujours de touches d’électronique ou encore déconstruit ses titres avant de toujours retomber sur la bonne mesure. il va du point A au point B, mais s’aventure à chaque fois vers l’expérimentation qu’elle soit orchestrale (richesse des accords en tous genres, lignes d’arpèges hachées etc...) ou architecturale (changements de rythme et virages sonores).

tout colle parfaitement, l’album bien que psychédélique n’en reste pas moins très cohérent, l’album prend des détours, certes, mais ne se perd jamais. si les mélodies paraissent faciles, l’exécution, elle, est subtile, c’est beau et captivant. à part le premier titre qui fait office d’introduction torturée (un peu trop même)  à mute#2, tous les titres ont quelque chose à montrer et s’il ne fallait en retenir que deux (je vais pas non plus vous intégrer les dix titres) je vous recommande pelican man#5 et dropla#6 qui suivent.





voilà il n'y a pas à réfléchir longtemps, wondrous bughouse est l'album qu'il vous faut.

jeudi 18 avril 2013

woodkid - the golden age


yoann lemoine vient de faire sa petite percée dans les charts français avec son premier album the golden age qui s’est classé deuxième des ventes mi mars. pas mal pour ce graphiste lyonnais qui s’est mis à la musique sur le tard. auparavant il s’était fait connaître en réalisant les clips de rihanna, moby, lana del rey, yelle ou encore katy perry (qu'on aime, ou pas plutôt, la carte de visite force au respect) et en s’essayant également à la pub et aux jeux vidéos avec arthur et les minimoys.
avec l’aide de ses amis the shoes (à la production), il sort cette année son premier album sous le nom de woodkid. the golden age est à la base un album pop folk à tendance hype. oui c’est de la musique actuelle bourrée d’effets en tous genres, qui alterne le grandiose et les mélodies simples et légères. beaucoup de cuivres, de percussions tribales et quelques violons sont au programme de cette production aux sons léchés. mais là où le bas blesse un peu, c’est que l’album ne se renouvelle pas vraiment. au début il n’y a pas de problème et on est même vite emballé par ce petit bijou, mais à la longue c’est un peu toujours pareil. il faut dire qu’il n’y a pas moins de quatorze titres, alors que la moitié aurait pu suffire. mais bon on va pas trop râler non plus, et puis l’avenir tranchera. en tout cas il semble radieux pour ce français exilé aux états-unis qui au vu des buzz qu’il a savamment distillés sait y faire avec le marketing.
en attendant pas mal de titres sont bluffant, woodkid fait dans le déjà entendu, mais il le fait avec brio et puis ses petites touches d’électronique font un bien fou à cet album en lui insufflant une énergie qui à tendance à vite déborder à l’instar des singles iron#13 et run boy run#2. deux titres qui s’adoptent instantanément, tout comme the golden age#1 qui après une douce introduction voit se déchaîner des cuivres qui laissent entrevoir toute l’ambition de cet album. j’ai beaucoup aimé the score#6, le titre le plus simple de l’album, il est tout en finesse avec tout d'abord un clavier mesuré puis des violons qui donnent pas mal de hauteur à ce titre, un délisse.


voici iron#13 pour lequel il a reçu un prix du meilleur clip, on est jamais mieux servi que par soit même, il paraît.

samedi 23 février 2013

foxygen - we are the 21st century ambassadors of peace & magic

on ne va pas dire que les deux californiens sont restés bloqués dans les années 70’s mais à écouter leur musique et la vitesse à laquelle ils ont ingurgités toutes ces vieilles références, on peut se demander si ils ne roulent pas en delorean. Neuf titres et neuf ambiances changeantes, on y entends du dylan, beaucoup de stones, un peu de beatles (in the darkness#4) le tout à la sauce psychédélique, à croire qu’on est dans la factory de warhol (no destruction#2).

La structure même des titres est créative, elle n’est pas linéaire comme on en a l’habitude, et il arrive également qu’un titre ne s’attarde pas sur un rift, un refrain, une mélodie bien rodée, non les foxygen savent se mettre en “danger”. car même si les références en jettent plein la gueule ce n’est pas pour autant qu’il en sort forcement quelque chose de bon . et dieu (non pas trent, il a assez de boulot en ce moment avec le lancement de sa plate-forme de streaming nommée daisy, le nouvel album de how to destroy angels et une phrase mystérieuse qui pourrait en émoustiller plus d’un à savoir : “Nine Inch Nails are definitely back in action and working on new material”) donc dieu sait que ce we are the 21st century ambassadors of peace & magic est bon.

l’album est le gros coup de coeur de ce début d’année, il fleure la bonne humeur et la simplicité, s’assombrit parfois, part visiter la lointaine frontière de l’élitisme (bowling trophies#5) et revient bien vite à ce qu’il sait faire.... à savoir de la pop enjouée, un peu trop parfois et il m’arrive de vouloir zapper certains passages un peu trop mielleux. mais ce serait une grossière erreur car c’est sans compter sur leur formidable facilité à virer de bord sans avertir personne. et les changements de cap fond tout le sel de cet album qui va de surprise en surprise.

je ne sais pas quel titre vous présenter en particuliers, j’adore le début et la fin de l’album. mais s’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait we are the 21st century ambassadors of peace & magic#8 éponyme de l’album. avec son rock psyché sur le fil qui change d'ambiance plusieurs fois sans que l’on en soit perdu pour autant. une vraie pépite qu’il faut écouter.



dans un registre plus actuel, jonathan rado et sam france nous livrent aussi un très bon titre pop shuggie#6, single de l’album qui alterne entre passages psychédélique et hippie.

mardi 12 février 2013

elbow - dead in the boot

dead in the boot n’est pas un album a proprement parler, mais plutôt un recueil de face b allant du premier album (asleep in the back en 2001) au dernier en date (build a rocket boys! en 2011).
on revisite dans un ordre pas très chronologique les différentes tendances du groupe que démontre par la même qu’ils ne se sont jamais perdu, ni trop aventuré très loin aussi.

Les titres des premières heures sonnants folk et blues quand les derniers un peu plus expérimentaux sont plus tournés vers l’instrumentation et le chant. Il aurait d’ailleurs été dommage qu’ils n’aillent pas dans ce sens quand on connaît les limites extraordinaires de la voix de guy garvey. vous n’avez qu’à voir les sessions live pour vous en persuader. Cet homme a une voix de velours d’une intensité incroyable.

voici le titre whisper grass#1 et  un passage du magnifique love blown down#6 que je vous conseille chaudement d'écouter.





voilà un album qu’il est intéressant d’écouter afin de patienter en attendant leur prochain opus qui devrait sortir courant d’année et qui devrait se nommer lippy kids.

mardi 27 novembre 2012

sufjan stevens and his friends - silver and gold


c'est  peu de dire, mais là je suis fan.
un coffret de cinq albums de chants de noël et presque 60 titres, merci pour le cadeau (enfin 50 euros le coffret collector (avec goodies et posters ou 15 euros pour la version numérique ce qui est plus qu'honnête, en plus certains titres sont téléchargeables gratuitement), surtout que sufjan ne se fout pas de notre gueule, car les titres sont originaux pour la plus part ou tellement retournés pour les autres qu'il est jouissif d'entendre ces nouvelles versions à l'instar d'avé maria#9-5, we wish we a merry christmas#7-8 ou de jingle bells#7-5.

Nouvelles versions car certains sont présents sur le premier recueil de chants de noël sorti en 2006 et intitulé sobrement songs for christmas (intégrant également 5 volumes de I à V).

une fois de plus, vous voilà transporté dans la magie de noël en un clin d'œil et c'est valable pour les petits comme pour les grands, un véritable album de famille pour passer les fêtes avec les gens que vous aimez au coin du feu, attendant la belle nuit de noël et son manteau blanc.
il y en a donc pour tout le monde, les grands-parents, les parents, les frères et sœurs (voire les sœurs et les beaux-frères) et même la marmaille qui court partout attendant le jour où le sapin offrira enfin de beaux joujoux par millier.
l'album est tellement éclectique qu'il ne sert à rien de recenser tous les styles, j'en oublierai. mais pour le plus grand bonheur des inconditionnels de noël n'en pouvant plus d'entendre tous les ans à la même époque l'usé tino rossi, cet mélange folk, électronique, tout, n'importe quoi et son contraire fera des émules à n'en pas douter.
pour les fans du monsieur le plus barré des états-unis, cet album sous ses airs de chants de noël est une vraie pépite, elle ravira les plus vieux fans comme les plus récents dont je fais parti, car cet album est comme un best off retraçant toutes les influences que sufjan nous a livré depuis plus de dix ans.
en voici un avant goût avec une des sept vidéos humoristiques faites à l'occasion.
(j'attends que la regardiez avant de continuer, et puis ça me fait une petite pause, vous pouvez également voir les autres ici.)

dans ce florilège de bon/mauvais goûts, effets vintage, musiques candides et/ou de crèche (avec le petit jésus et tout ce qui va avec), il y a moult et moult titres exceptionnels, non pas exceptionnels, mais EXCEPTIONNELS. vous pouvez écoutez les albums ici.

le premier album gloria, tout en douceur, vous mets dans l’ambiance dès le premier titre avec silent night#6-1. puis à l’instar de the midnight clear#6-4 une ballade folk de toute beauté et de carol of st benjamin the bearded one#6-5 aux accents irlandais, l’album devient un moment intimiste prolongé par le magnifique barcola (you must be a christmas tree)#6-7 et ses 7 minutes de pur bonheur, le titre léger devient intense par moment et, tout en douceur tout en longueur, montre tout son potentiel et amène une énergie qui vous sera précieuse au vu des cinquante titres qu’il vous faudra encore écouter si vous voulez que le papa noël passe chez vous cette année.
le premier opus se termine en un clin d’œil avec auld lang syne#6-8 (plus connu sous le nom ce n’est qu’un au revoir mes frères).

le deuxième album, i am santa's helper, est quant à lui plus enjoué et ses rythmes endiablés finissent de réveiller avec chrismas women#7-2. il tend plus vers l’expérimental et on retrouve de influences de ses débuts.
sur cet album j’aime beaucoup le couple happy family chrismas#7-4 et jingle bells#7-5, leurs constructions sont inversés et mettent en opposition des passages calmes, mélodieux à d’autres complètement loufoques avec la fin du premier qui part dans un délire de guitares noise saturées accompagnées de bruits et de paroles qui n’en sont pas. l’intro à la guitare électrique de jingle bells fait dans l’urgence quand la fin se veut plus conforme à ce que l’on connaît sinon que c’est haché, chanté avec la famille et donc pas toujours juste, en plus sufjan stevens a distribué des instruments à tout le monde, c’est limite foutraque, mais quelle bonne humeur. ahhhhh les fêtes de noël c’est beau.
dans le style guitares noise désaccordées on a aussi ding-a-ling-a-ring-a-ling#7-11. c’est un titre complètement dingue dingue dingue, il ne dépasse pas les deux minutes, comme la quasi totalité des 23 titres de cet album, mais dénote dans le paysage plus conventionnel qui avait cependant commencé à se fissurer.

à côté de cette ambiance rock vintage et même expérimentale par moment comme sur mr. frosty man#7-12, l’album est composé aussi de titres “sérieux” qui finalement dénotent pas mal.

allez on avance, le troisième album infinity voyage (enfin le huitième si vous avez suivi) est assez difficile d’accès, il m’a d’ailleurs un peu laisser sur le bas côté, c’est bourré d’électronica dance, mais celle là même que je n’écoute pas pour ainsi dire. en plus de ça beaucoup de titres flirtent avec l’expérimental et si à cela vous ajoutez beaucoup des chants vocodés toujours dans le même style, ça use à force et les titres finissent par se ressembler. la majorité des titres sont dans la lignée de impossible soul le dernier titre de the age of adz (que j’aime beaucoup par ailleurs, car dans cette fois là les vocodages étaient distillés avec plus de parcimonie).
il reste quand même deux titres “écoutables” pour le commun des mortels avec angels we have heard on on high#8-1, un titre bien orchestré qui gagne en puissance et qui n’a rien à voir avec le reste de l’album et encore avec joy to the world#8-8 qui après une intro toute guillerette, se transforme en un titre complètement expérimental qui j’avoue a du mal à se faire accepter.

l’avant dernier album, let it snow!, met l’électronique expérimentale de côté et prend le parti de la pop intimiste. il nous livre des titres posés, entêtants qui vous feront chanter tout en dodelinant de la tête à l’instar de santa claus is coming to town#9-2 ou de l’improbable sleigh ride#9-4. il vous sera impossible de ne pas reprendre en cœur les refrains, c’est beau limite grandiose et terriblement attachant. c’est surtout un album bourré d’ingéniosité, car en plus des deux cités précédemment, il vous faudra écouter également x-mas spirit catcher#9-6 avec ses claviers organiques ainsi que le magnifique let it snow! let it snow! let it snow!#9-7 pour finir avec le jovial a holly jolly chrismas#9-8. l’esprit de noël est bien présent, il n’y a plus à en douter.

vous êtes encore là, tant mieux, car le dernier opus, chrismas unicorn, nous livre une des meilleures création de ce silver and gold. have yourself a merry chrismas#10-1, se compose d’une intro orchestrale avec tout plein d’arpèges de sons fluets, de cymbales légères. les voix sont tout simplement magnifiques, elles donnent beaucoup d’énergie au titre, soufflent le chaud et le froid sur ce titre racé, qui en plus se retrouve accompagné à petites doses de basses électroniques. l’album est très rythmique, et on notera la présence de up on the housetop#10-3 et happy karma christmas#10-6 qui montre une fois de plus l’étendu du talent du monsieur. une fois de plus les tonalités sont puissantes et recherchées, et on a beau avoir plus d’une heure d’écoute dans les oreilles, cet album parvient encore à susciter de la curiosité. et il faut bien l’avouer à cette heure là, la tâche est rude (à l’image de mon écriture et des nœuds que je me fais afin de trouver différents synonymes). enfin le recueil se termine avec chrismas unicorn#10-9, un titre ovni de douze minutes (quand la moitié ne dépassent pas la minute et sont souvent employés comme des titres de liaison).
et comme impossible soul (dont j’ai parlé plus haut), ce titre associe tous les sons déjà entendus en un pot pourri géant. il clos l’album de belle façon sur un :
  i’m the Christmas Unicorn
  (Find the Christmas Unicorn)
  You're the Christmas Unicorn too
  (It's all right, I love you)
  Love, love will tear us apart, again
  Love, love will tear us apart, my friend


voilà vous savez tout, la tracklist évolue tout du long cependant les titres sont "rangés" par volumes et également par styles, ce qui simplifie l'écoute et la rend plus que cohérente, ce qui n'est pas négligeable lorsqu’on s'attaque à 5 volumes (de VI à X)
c’est beau, c’est poétique, c’est déluré, c’est sufjan stevens quoi, enfin pour tout résumer silver and gold est l'album absolu de noël qui vous réconciliera avec les fêtes saturnales.


vendredi 2 novembre 2012

micachu and the shapes - never

des paroles pour le moins accessibles, une musique minimaliste pour le plus inaccessible, une mica levi et sa guitare chu préférée retrouvée, vous l'attendiez ou pas vu son dernier album live trop expérimental, mais micachu revient avec les shapes en cette fin d'année avec son petit dernier never. dans la lignée de jewellery, never renoue avec ce que l'on aime chez cette jeune britannique, à savoir une pop débridée loin des conventions qui ne manque ni de piquant ni de savoir faire et qui reste dans les limites du raisonnable (car il faut bien l'avouer, chopped and screwed m'avait laissé sur le bas côté).


et comme aujourd'hui never me réconcilie avec sa musique, je me dis avec un peu de recul qu'elle a raison de faire ce qu'elle veut, quitte à aller trop loin de temps à autre.

avec never, micachu a retrouvé son aspirateur, ses instruments homemade et sa propension à faire des hits en deux minutes (seuls trois titres sur les quatorze dépassent les trois minutes). l'album est une nouvelle fois saturé, les voix sont pour la plus part vocodées et les titres, punk, électronique ou tout simplement pop, sont fournis en tilts, bleeps et autres bruits de pneus pour le moins inattendus. un vrai régal pour vos voisins en somme, car même s'ils commencent à entendre du lo-fi ou de l'électronique un peu partout (et parfois pour le pire à l'instar du dernier muse), never restera difficile d'accès, en plus elle chante pas tout le temps juste, non mais!!! à contrario, pour les fans de jewellery, ce ne sera que du bonheur.

micachu c'est un peu comme la cousine barrée que personne n'a, mais que l'on rêverait tous d'avoir. elle semble vivre continuellement dans son monde déluré. mais elle est sympa, libre, anticonformiste et en plus elle a pensé à vous avec cette jolie vidéo pour annoncer son nouvel album.
avertissement : le trailer qui suit est assez déroutant et pourrait heurter la sensibilité de quelques uns d'entre vous, en tout cas moi j'y ai rien compris.



sinon je suis tombé sous le charme de easy#1, le premier titre de l'album qui semble nous dire, "hey salut tout le monde, je reviens, et là je suis au top".
le titre fonctionne sur deux lignes de texte, deux sons électroniques et deux accords de guitare saturée au possible. c'est alternatif sauf qu'ici la fréquence est constamment modifiées, comme si elle jouait avec un potentiomètre tout le long du titre (les fans de physique me remercieront pour cette métaphore).


pas besoin de parler d'un titre en particulier tellement le résultat est concluant, micachu nous livre un album plutôt bien foutu, cohérent qui alterne entre urgence et moments lascifs. le tout pour nous amener à sa meilleure création selon moi avec nowhere#14.



voilà une nouvelle belle réussite pour micachu et encore un album qui entre dans la rotation de ma playlist.

lundi 1 octobre 2012

grizzly bear - shields

en 2004 grâce à horn of plenty et sa pop bricolée lo-fi, edward droste (multi instrumentiste, chanteur) et chritopher bear (batteur) avaient réussi à se faire remarquer pour signer chez warp leur premier album à quatre (avec chris taylor le bassiste producteur et daniel rossen le chanteur pianiste) enregistré chez la mère d'ed, yellow house qui sortira en 2006.
dès yellow house, déjà l'aspect amateur s'enrichissait pour prendre plus de profondeur et de formes. et depuis on a gardé knife, easier, little brother ou encore on a neck, on a spit pour ne citer que ces titres (j'aime aussi beaucoup plans et surtout le prenant colorado le dernier titre de l'album).


rien qu'avec ce génial petit album de 10 titres, grizzly bear s'est fait une petite réputation chez les professionnels. réputation que veckatimest confirmera en 2009. leur musique s'est encore étoffée, elle est devenue assez fournie, les arrangements sont simples, subtiles et leur musique à l'apparence si naïve se distingue par sa richesse sonore.
une fois de plus les titres références sont bel et bien présents avec notamment two weeks (et son clip flippant) chef d’œuvre parmi les chefs d’œuvres qui sera repris maintes et maintes fois. grizzly bear démontre alors toute sa force d'écriture en plaçant la barre très haut.



trois ans après, le groupe est revenu le mois dernier avec son petit dernier shields. je vous l'annonce de suite, je tue le suspense dans l’œuf, j'évite de faire languir pour rien, enfin bon je vous l'annonce sans détour, s'il ne devait rester qu'un seul album cette année, ce serait celui-là.
une fois de plus l'album sonne comme évident et il devient clair que leur musique tient tout simplement du génie. j'en fais trop??? vous n'avez rien lu.
comme à chaque fois leur musique résonne, c'est simple, efficace et pourtant a y tendre bien l'oreille, on s'aperçoit du boulot effectué autour des titres. les arrangements sont exceptionnels, ils font évoluer l'album, masquent les changements de rythmiques (a simple answer#7), cadencent les contres-temps (sleeping ute#1), noient les décalages d'octave inférieure (the hunt#5), vous font passer du chaud au froid sans que vous ayez compris quoi que ce soit.
cet album est une nouvelle corne d'abondance, quand un titre se termine et vous laisse béat, un autre débute pour vous retournez la tête à vous en faire oublier le précédent.

shields tient son auditoire en haleine, sa lecture se fait en un souffle et nous force à une nouvelle écoute pour bien s'assurer que l'on ne vient pas de rêver.
les harmonies sont toutes en souplesse, élastiques, et semblent défier le temps. il est clair qu'on reconnaît l'ambiance de l'album précédent sans que cela ne soit réellement gênant. la griffe de l'ours est toute établie.
le plus admirable au final est que sans aller très loin, le quatuor trouve des sons jamais entendus, se renouvelle au final sans arrêt et nous livre à chaque fois des albums introspectifs qui resteront pour longtemps.

et puis qui d'autre utilise encore une clarinette basse. j'adore ce son, déjà foreground (le dernier titre de veckatimest) rendait toutes ses lettres de noblesse à cet instrument au son sourd qui donnent une volupté palpable aux titres.

alors quels titres écouter, franchement tous, il n'y a pas l'ombre d'une impasse à effectuer. il y a mille et un sons à découvrir ou redécouvrir, et pour vous en rendre compte, rendez vous avec half gate#9.
ce titre est puissant, haletant, la voix de daniel se marie de la meilleure façon à l'orchestration riche qui nous est présentée. le titre varie entre l'excitation d'une intro rythmée et la beauté d'un final grandiose que l'on sent monter petit à petit au fil du titre.
les accords de guitares portent la voix avant que le titre ne passe dans un autre registre avec ses violons minimalistes qui donnent pourtant beaucoup de corps au titre pendant que des voix sans forme amènent une touche de psychédélisme que l'on n'avait pas trop entendu jusque alors.



je ne résiste pas non plus à vous intégrer sleeping ute#1 en version live.



et comme je prends soin de vous, voici le titre foreground de l'album précédent dans une version acoustique qui me bluffe encore et toujours (en plus vous pourrez y voir à quoi ressemble une clarinette basse, jouée par chris sur la gauche et écouter la superbe voix d'ed).



il n'y a pas quoi!!!

mardi 18 septembre 2012

citizens! - here we are

avant de continuer avec du lourd, voici citizens! et son premier album here we are. vous l'aurez compris cet album n'est pas une tuerie, mais bon ce n'est pas non plus un album insipide qu'il faut jeter une fois écouté.
non je l'écoute de temps en temps (enfin je choisi les morceaux quand même) et à force d'y revenir, je me suis dit qu'il fallait en parler un minimum.
alors les adorateurs de la pop britannique et tout ce qu'elle comporte seront heureux de découvrir ce jeune groupe sans prétention (sinon celle de durer) produit par alex kapranos (franz ferdinand).

car le groupe ne révolutionne rien (et en même temps révolutionner la pop de nos amis britons, c'est un peu compliqué), mais tout ce qu'ils ont ingurgité pendant leur adolescence, ils l'ont mis à profit pour pondre un album soigné de bonne qualité.
il y a quelques longueurs, oui, mais il y a aussi quelques tubes et ça on ne pourra pas leur enlever.

j'ai écouté en ce début d'année (i'm in love with your) girlfirend#6, et j'avoue avoir vraiment aimé ce titre, 6 mois après, ce fut un réel enthousiasme de le retrouver. le titre nous livre une pop électronique à la limite du hype et du rock, qui tient par quelques ficelles jouées au synthé.





c'est simple, mais c'est rudement efficace. l'album n'est cependant pas du même acabit, et devient nettement plus sage.

il faudra tout de même écouter les deux singles de l'album que sont true romance#1 et sa pop brillante qui alterne entre synthé et xylophone, et reptile#2 qui sous ses airs de rock indé jemenfoutiste arrive à traîner les plus réticents sur le dancefloor avec son refrain assez lumineux.

voilà le reste de l'album alterne entre demi déception et pop bien ficelé mais pas assez pour s'imposer dans un cadre déjà bien trop fourni.

mardi 11 septembre 2012

patrick watson - adventures in your own backyard

vous êtes fan du groupe québécois patrick watson (nom éponyme du leader), alors n'hésitez pas et allez écouter leur dernier album adventures in your own backyard.
vous n'êtes pas spécialement fan de ce groupe, et bien n'hésitez pas non plus et allez écouter cet album de suite, je vais pas bosser uniquement pour ceux qui aime, bordel.

j'avais laissé le groupe canadien en 2006 avec close to paradise, album sympathique il faut le dire, mais que j'ai fini par oublier. du coup j'ai zappé wooden arms sorti en 2009 et je viens de m'en apercevoir seulement aujourd'hui.


tant pis on verra plus tard, car aujourd'hui c'est le très bon adventures in your own backyard que je vous présente. j'ai écouté cet album sans en attendre grand chose et ce fut de ce fait une encore plus grosse claque.
c'est sûrement le meilleur album du groupe, il allie une pop brillante, une orchestration riche et maîtrisée, ainsi que pas mal de surprises livrées au fil de l'album.
la première se trouve dans lighthouse#1, alors qu'on a à faire à une mélodie douce jouée au piano, la voix de patrick watson fait tout le boulot. et alors qu'on commence à s'habituer à cette douce mélopée, la fin du titre devient, après un temps d'arrêt, grandiose avec ses trompettes façon morricone.

l'ambiance est installée, il ne faut maintenant plus redescendre, c'est ce qui est fait avec blackwind#2, une balade enjouée entrecoupée fortement d'une mandoline acoustique et la voix une fois de plus de patrick watson qui vient se mêler au mieux à la mélodie.
le final est une fois de plus tout en hauteur avec un piano qui s'ajoute au lyrisme déjà présent. d'ailleurs c'est annoncé cet album est assez lyrique, il touche également beaucoup d'autres horizons comme la folk tendance western, ou encore le blue sur step ou for a while#3. on trouve aussi de la pop sur morning sheets#6 et strange crooked road#9 ou simplement de la folk avec into giants#5.
si à tout cela vous ajoutez la mélodie bancale de quiet crowd#4 jouée au piano et accompagnée à la flûte et au xylophone, cela vous donne une bonne vue d'ensemble.

à chaque fois on se sent transporté, les titres dans un premier temps légers, s'intensifient ensuite et deviennent conséquents, fournis, orchestrés et c'est assez magistral de voir comment tous les instruments s'agencent en cadence.
on croirait voyager en amérique du nord et revisiter une à une les influences de ce continent.
pour finir voici lighthouse#1


mardi 14 août 2012

damon albarn - Dr dee


vous vous ennuyez cet été? vous avez envie de nouveauté et bien ne perdez pas de temps et enfermez vous pour écouter le dernier album de damon albarn, Dr dee.
une nouvelle fois damon s'essaie à l'opéra pop, bien que cette fois il soit plus baroque que pop. et avec son ami jamie hewlett et l'écrivain alan moore (qui se sont quant à eux retiré assez tôt du projet) il s'est donc intéressé à john dee, un mathématicien, physicien, alchimiste, astrologue, penseur à ses heures perdues et conseillé de la reine Élisabeth I (fin XVI ième siècle).



c'est ce fameux Dr dee qui a posé, comme tout le monde ne le sait pas, les premières pierres du premier empire britannique (1583 - 1783, merci wikipédia).
damon albarn s'est documenté pendant plus d'un an sur ce fameux Dr dee, qui en résumé est un savant qui a essayé de distinguer la science de la magie et de la divination. il en résulte 18 titres d'écoute assez difficile.

l'album commence par un titre qui plante le décors, un village de campagne et son église, des gazouillis et une orgue baroque au ton inquiétant. la voix de damon sur le titre suivant apple carts#2 vient apaiser l'ambiance et semble débuter cet album sur un ton léger.

au fil de cet opéra on est confronté à différents instruments tous plus désuets les uns que les autres mais toujours utilisés de façon à pouvoir se dissocier de l'histoire et ancrer la narration dans le présent. c'est plus facile de s'y retrouver dans les titres pop et assez actuels, mais avec pas mal de recul et d'écoutes, je trouve le tout assez rond, bien écrit.
c'est tout simplement une histoire qui nous ait racontée, et quand c'est damon qui narre, généralement c'est bien fait (il faut quand même dire que je suis un grand fan de monkey, son premier opéra pop).

alors à partir de là tout se complique, mais il est vrai que pour aimer ce style, il faut à l'origine aimer la musique classique (ou tout du moins la supporter à forte dose) et les chants lyriques car à part quelques titres pop la majorité de l'album se contracte autour d'un opéra.
l'album, même si juste le nom de damon apparaît sur la pochette, est une vraie collaboration, on retrouve dans le désordre une batterie (jouée par tony allen, the good the bad & the queen) et une guitare pour les passages contemporains, ainsi que la famille des violons, des orgues, des mandolines, des instruments si vieux qu'on les a oubliés et enfin sept interprètes (dont damon) pour les différents personnages, le tout accompagnés par le bbc philarmonic ; du gros du lourd du qui maîtrise.

au bout du compte, c'est un album a essayer, que vous pouvez écouter ci-dessous.

vendredi 20 avril 2012

the chap - we are nobody

 joli contre pied que ce we are nobody. déjà l'album sort quelques mois après une compilation nommée we are the best, mais le contre pied est vraiment consommé au niveau musical.
the chap groupe britannique ne fait désormais plus de punk rock, leurs sons sont moins foutraque, ou plutôt les mélanges sont beaucoup plus lissés, de quoi toucher un plus large public.
toutefois l'album n'est pas forcement facile à écouter mais ce n'est plus un ovni tels que pouvaient l'être ham ou the horse.

bizarrement, ils sont restés fidèle à lo recordings, ben ouais je m'explique, généralement quant un groupe sort un best of (we are the best de 2011) c'est qu'il clôture son contrat, et j'avoue que je les voyais bien poser leurs platines autre part.

sinon la musique dans tout ça, j'avais été un peu déçu par well done europe de 2010, et c'est avec grand bonheur que je renoue avec the chap. we are nobody bien que léger, est pas mal barré.

l'album plane sur de la pop expérimentale on va dire. tout est très bien structuré, il n'y a plus de place à l'improvisation, tout est sous contrôle, y compris les passages expérimentaux et les petits sons farfelus qu'on leur connaît et qui leur vont si bien.
les chants embrassent parfaitement les mélodies, et, que ces dernières soient cristallines ou boiteuses (car tout ne sonne pas juste, encore heureux) les titres raviront la plus part des fans.
ben oui c'est plus comme avant, mais il faut bien avancer. et après un rythm king#1 aux allures étranges, what did we do?#2 donne le ton à l'album. on retrouve une fois de plus des sons désaccordés, mais le titre ne se focalise pas dessus et avance à vive allure.



l'écriture a changé je trouve, elle est plus léchée, voire mieux écrite tout simplement. le tout pour faire de ce we are nobody un album solide, de qualité moindre que mega breakfast (faut déconner non plus), mais qui va tourner indéniablement sur mes lecteurs.

car les pépites sont belles et bien présentes, de what did we do?#2, à running with me#9 en passant par better place#3, il y a de quoi en ravir plus d'un.
personnellement je suis sous le charme de hands free#6, on ressent de l'urgence, une envie d'avancer rapidement pour ne pas avoir de temps mort, ce titre est survolté et terriblement électrique. au beau milieu d'un album pop enchantant et enchanté, c'est bon ce nouveau revirement.



voilà the chap ne cesse une fois de plus de se faire plaisir, et surtout de nous faire plaisir.

lundi 5 mars 2012

grimes - visions

grimes, alias claire boucher, jeune canadienne assez excentrique vient de sortir son troisième album, visions, le tout en l'espace de deux ans. ce nouvel album signé chez 4AD (pixies, st. vincent, gang gang dance, bradford cox et bien d'autres) est beaucoup plus pop que les autres, et s'articule autour d'une électronique douce, minérale, quasi robotique à mi chemin entre dance et expérimental, ainsi que de chants souvent vocodés. ce qui m'a plu avant tout c'est le personnage, au détour de tout ce que j'ai pu lire sur elle, il apparaît qu'elle est bien barrée.

déjà elle ne vit nulle part, où plutôt partout, de ce fait elle ne paie pas d'impôt et reste donc libre, et surtout en marge de la société. son parcours est également atypique, étudiante en art à montréal, elle commence à sortir avec des amis dans des zones désaffectées en banlieue et dès lors met un premier pas dans la musique underground. avant de basculer dans l'électronique ses influences vont toute de même de nine inch nails à aphex twin. elle franchira définitivement le pas quand un soir à fond de drogue, elle bloque sur un pc et forme ainsi ses premières boucles. bien évidement tout n'est pas aussi simple, mais on peut dire aujourd'hui que pour une autodidacte elle se débrouille rudement bien.

tout est calibré du début à la fin, grimes est mono maniaque, veut tout diriger et n'aime pas travailler en groupe. elle prête une attention particulière à la liberté et ne marchande pas la sienne.

visions est écrit dans des conditions les plus étranges (genre elle s'est imposée un jeûne de trois semaines) est bourré de nappes envoûtantes qui s'ajoutent les unes aux autres et donnent un aspect riches et synthétiques aux mélodies. au final c'est basique, facile d'écoute bien que parfois limite club à vomir, et terriblement précis. grimes est arrivée en un album à synthétiser toutes ses influences et à faire un album très homogène qui fout une pêche d'enfer.
l'album a son propre univers, pas forcement révolutionnaire, mais terriblement attachant.

le début de l'album avec genesis#2 et oblivion#3 (voir la vidéo) donne le tempo et délivre vite un bon aperçu du génie de la dame, c'est simple cet album peut tourner en boucle sans jamais être répétitif, j'adore.



mercredi 7 décembre 2011

cansei de ser sexy - la liberacion


dur dur de parler de cet album en hiver, car la liberacion sent bon le soleil, les fêtes et l’insouciance. dur d'en parler car il ne casse pas non plus trois pattes à un canard, non les css n'ont toujours pas retrouvé l'excellence de leur premier opus, bien que la liberacion soit bien meilleur que donkey de 2008.
c'est fou fou et on a souvent l'impression que c'est de la musique pour pré ado, surtout que parmi la multitude d'influences on entend souvent des beats de techno qui pourrait vous faire enchaîner, si vous ne prenez pas garde, quelques mouvements de tektonik.



voilà passer cette problématique quasi insurmontable, il n'y a plus qu'à poser son cerveau et écouter le tout avec un air béat.
bon je ne vous direz pas d'écouter le tout, mais bon il y a quelques titres pas mal qui méritent l'écoute en passant.

et notamment deux titres bien rentre dedans, city grrl#3 et la liberacion#6. le premier fleure bon le melting pot de synthé pop binaires et de cuivres qui doivent encore se demander ce qu'ils foutent là. quant au second il laisse tomber tous ses artifices et se concentre sur une guitare bien tranchante. dans les deux cas c'est la frénétique lovefoxx qui fait la différence.
en fait c'est surtout les textes qui ne sont pas au rendez vous, parce qu'il est vrai que l'on écoute pas cansei de ser sexy pour sa musique. et oui il manque des titres sur paris hilton ou toute autre bitch superficielle dont le groupe aurait pu nous raconter les péripéties.

voici le premier titre de l'album i love you#1, attention c'est un des meilleurs, alors si ça ne passe pas, arrêtez vous!

jeudi 24 novembre 2011

st. vincent - strange mercy


 
annie clark, aka st. vincent vient de sortir strange mercy et c'est peu de dire que son univers est sombre et inquiétant.
il est d'ailleurs plus inquiétant que sombre, car même quand le rock et ses guitares acérées laissent place à de la pop, le ton est biaisé et on a l'impression qu'il va bientôt se passer quelque chose de terrible (conféré l'introduction de l'album avec chloe in the afternoon#1).





grâce à sa voix haut perchée, annie clark donne un air lyrique à son album. mais l'ancienne musicienne de sufjan stevens a d'autres ressources, notamment un vieux son bien pourri de synthé années 90 (ça sonne bancal et furieusement vintage en gros).
et comme pour sufjan steven, on peut se poser la question, à savoir sommes nous face à une faute de goût ou un véritable sens de l'écriture.
cheerleader#3 répond pour moi. ce titre plein de sensualité se distingue par son contraste entre moments calmes, et sa mélodie légère, et le refrain poussé par des basses grasses.









il ne faut pas passer à côté de northern lights#5 et sa guitare noise qui ne cesse de faire monter la pression pour un final grandiose, les amplis crachent leur acide, le tempo est de plus en plus rapide, les guitares de plus en présentes et on a même droit à un petit bidouillage de tût tût... que demande le peuple?



ensuite ce n'est pas la peine d'en parler mille ans, l'album est changeant, d'humeur et de style, donc vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer. l'album est quand même assez exigeant, il ne faudra pas l'écouter d'une oreille distraite à l'instar de hysterical strenght#10 qui sait se faire désirer.

l'album se termine avec une chanson plus conventionnelle, plus dans les références pop que l'on a l'habitude d'entendre et montre bien que st. vincent vit bien parmi nous. elle a beau faire de beaux voyages bien haut dans le ciel (cf les paroles dont je n'ai, pour la plus part, pas compris les histoires), elle n'oublie pas d'où elle vient (la terre).

en bonus voici cruel#2, le single de l'album.

lundi 3 octobre 2011

clap your hands say yeah! - hysterical

toujours content, jamais déçu, ce dernier album hysterical des clap your hands say yeah est excellent, tout simplement.
en temps normal les CYHSY sont très haut perché, ça sonne faux, c'est parfois dans le tempo et c'est ce qui les rend magnifiques.
surtout qu'après l'album solo mo beauty d'alex ounsworth, je ne pensais pas et n'espérais plus un troisième album.

bon du coup je m'étais préparé au mieux pour cet hysterical, depuis un mois je fume clope sur clope afin de perfectionner ma voix vers ce qu'il y a de plus désagréable et j'entraîne mes oreilles aux contretemps les plus improbables.

tout ça pour rien, hysterical est certes pas toujours très raccord, la voix d'alex grésille un peu mais franchement comparé à ses prédécesseurs, le nouveau né est facile d'écoute.
on peut noter la présence de pop, oui les mélodies sont rondes (enfin ovales plutôt) et on trouve ça est là une énergie nouvelle, entraînante qui respire la joie de vivre.

tous ces changements auraient pu tout gâcher, mais il n'en est rien, et du début à la fin les titres sont de haute volée. il n'y a pas de fausses notes (enfin je me comprends) même les plus réticents d'entre vous pourront peut-être trouver cet album à leur goût et pourquoi pas redécouvrir clap your hands say yeah et some loud thunder sous un nouveau jour (bon cela reste hypothétique, je ne suis sûr de rien).

alors que quatre ou cinq albums attendent d'être écoutés, je bloque sans relâche sur cet hysterical comme envoûté par sa grasse et son univers une fois de plus particulier.

voici maniac#4 en live, c'est entraînant, entêtant et ça donne envie d'y revenir.
il est moins évident que same mistake#1 ou yesterday, never#7, mais il vaut le détour.



dans un registre plus planant (et c'est le seul moment de répit de l'album), on trouve in a motel#6, je trouve ce titre, emplie d'émotions, très beau, très touchant et pour une fois on retrouve la voix haut perchée d'alex qui contraste avec la mélodie, comme dans le bon vieux temps en somme.



voilà je vous laisse avec same mistake#1, ce titre défini le mieux ce que vous retrouverez sur hysterical (la voix d'alex étant mieux maîtrisée sur la version album, mais ça je l'ai déjà dit)



CYHSY porte la pop dans ce qu'elle peut nous (m') apportez de meilleur, oui j'aime la pop et particulièrement quand la bande d'alex nous la propose telle qu'elle.
l'album est léché, produit sans se presser dans la lignée de mo beauty on est plus dans l'urgence à laquelle on aurait pu s'attendre de leur part, tant mieux ça change et montre un nouveau visage du groupe, un visage plus professionnel oui mais qui démontre que les CYHSY savent aussi faire des choses très bien destinées à un plus large public. mince ils partent à la conquête du monde et moi je n'ai plus qu'une envie les revoir sur scène.

mardi 6 septembre 2011

tom vek - leisure seizure

tom vek, le multi instrumentaliste, l'anglais bourré de talent qui n'a pas profité de la réussite de son premier opus, tom vek mon premier concert gratuit sous la pluie.
terrible quoi, tom vek est vivant et revient dans le monde de l'industrie du disque pour nous proposer son deuxième album 6 ans après we have sound, qui avait laissé présager un bel avenir au jeune homme.

bref il a mis du temps mais parfois il vaut mieux, et surtout au vu de la qualité de ce qu'il nous présente aujourd'hui.
j'ai dû réécouter we have sound et son rock lo-fi passe partout pour me rendre compte du virage entrepris. enfin virage, en 6 ans tu m'étonnes, le contraire aurait été surprenant.

la seule constante est que les albums sont dansants et informels, et non formatés pour la vente à tout prix, non que du bon!

et donc à la surprise générale, sans crier "gare", voilà que tom revient avec un album électro pop fringant, distillant au passage des sons tous plus kitsch les uns que les autres.
des sons de vieux synthé mal accordé (en même temps va accorder un synthé!), des sons que même vos grands-mères n'auraient voulu pour écrire leur album.
non il a ajouté des sons que seul la techno des années 90 à bien voulu prendre, conféré les albums euh les singles! de docteur alban et autre ace base (çà c'est de la référence).

et bien dans cet album, ces petites touches ringardes passent toutes seules, on pourrait presque crier au génie, le tout sans les 2 grammes d'alcool dans le sang (ben oui pour connaître ace of base et consort il faut être allé en boîte, et pour me traîner en boîte... bref!)


l'album attaque avec 2 accords répétés tout le long de l'intro, la pression monte, et la pop se transforme en hype bien contrôlée. les arrangements sont subtiles, tout est parfaitement calibré, tom s'est vraiment appliqué.
que ce soit aroused#2 ou a chore#3, le tempo ne ralenti pas, la hype ne retombe quasi pas non plus, leisure seizure est lancé, il ne fera pas de pause avant world of doubt#5, ici la hype est mise de côté et laisse le champ libre à des guitares un peu moins discrètes.
ce titre me fait même penser à du cake, il y a du larsen, ça sonne faux c'est souvent lugubre et le chant est scandé plus que chanté, mais au final j'adore, comme d'hab ok.

on repart ensuite de plus belle avec seizemic#6, A.P.O.L.O.G.Y.#7 et someone loves you#7, ces titres sont bourrés d'influences éclectiques, mais restent facilement écoutables.
les titres d'ailleurs paraissent fleurter avec l'expérimental, mais au final cela reste du rock électronique que papi pourrait écouter s'il n'était pas sourd, enfin quoique!!!





la fin est digne du début on n’atterrit jamais vraiment, les enchaînements sont encore distillés à vive allure et l'électronique prend le dessus sur la hype et le rock, ça a pour effet d'éviter l'overdose et de permettre de réécouter l'album en mode repeat.

jeudi 7 avril 2011

elbow - build a rocket boys!


le groupe à la force tranquille porté par l'exceptionnelle voix de guy garvey et un album the seldom seen kid sorti en 2008 qui les portera au sommet de la chaîne musicale britannique (1 million d'album vendu et le prix mercury remporté devant radiohead quand même). c'est LE groupe pas vraiment connu qui mériterait de l'être, car en dehors du royaume-uni c'est le désert.


build a rocket boys! fait donc suite au succès commercial de son prédécesseur, dur dur dur, comment ne pas être déçu quand on autant écouté the seldom seen kids que je ne l'ai écouté? surtout qu'en ce moment les déceptions sont légion. mais avec elbow on peut avoir confiance, ce groupe est loin du m'as tu vu et des soirées mondaines, ils ont une nouvelle fois sorti un album simple, toujours mélancolique (mais loin des pleurnicheries qui provoquent un défenestrage), toujours haut perché, build a rocket boys! apparaît une fois de plus comme un hymne à la belle musique.

l'album débute avec trois titres pop intemporels aux sons désuets mais ô combien puissants à l'instar de with love#3 et son genre de cithare hypnotique. après des intros des plus reposantes, mais intimistes également, le rock revient en force, enfin le rock, le gentillet, celui qu'on écoute sans jamais entendre un seul fuck (mais comment font ils?). l'album commence à prendre de la hauteur et la maîtrise de leur musique commence à forcer le respect, avec peu de chose, ils arrivent à créer un univers assez vaste très cohérents qui vous emmène par monts et par vaux à la découverte de ce que peut être la musique quand elle est orchestrée avec génie. voici neat little rows#4 pour vous en persuader.



et puis l'album se poursuit et alterne entre moments forts, virevoltants et d'autres plus sobres, tout en retenue où même là on sent la présence d'une puissance, que ce soit grâce à la voix de guy garvey ou aux accords des piano et guitares.

et voici l'exemple le plus criant avec une version d'enregistrement d'open arms#9.




voilà elbow un groupe qu'il faut connaître tout simplement.



vendredi 18 mars 2011

the dø - both ways open jaws


je n'aurais jamais pensé écrire sur ce couple fino français, mais bon j'ai lu ici une chronique de mogwai alors bon.
je n'ai pas aimé leur premier album de 2008, mais la même année je suis tombé sous leur charme lors d'un live magnifiquement exécuté.
c'est pourquoi j'ai porté une oreille sur leur second album both ways open jaws.
alors avant tout je vous informe que cette chronique ne sera pas dithyrambique, j'ai déjà épuisé mon stock de l'année avec radiohead et pj harvey.


cependant même si il est loin de me plaire en entier, j'ai vraiment apprécié cet album léger, bourré de pop délirante mais charmante.
de la pop un peu vibrante, c'est le credo de beaucoup de groupe, mais the dø y apporte sa petite touche personnelle en mélangeant toutes sortes d'influences.
même si ces dernières viennent des quatre coins du globe, elles sont vraiment très cohérentes et apportent une fraîcheur fort sympathique.
je suis tombé sous le charme des trompettes de too insitent#4, de l'électronique tribale de bwoj#8, des percussions du single slippery slope#9 et de the calendar#10 pour son côté folk.
both ways open jaws un album a écouté en cachette mais à voir sur scène pour redécouvrir tout ces sons bien particuliers, mais également la voix d'olivia merilahti.
ben quoi la bière du bikini est une des meilleures du coin, voilà les dates de la tournée ici.

voici slippery slope#9 suivi too insitent#4