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samedi 2 février 2013

Wen Quartet @ Le Mandala, Toulouse, 26/01/2013


Tout ça commence par une discrète découverte sur un réseau social. L'album peut s'écouter via un gros service de musique en ligne, je pose donc mon oreille dessus. Du jazz frais et bien fagoté, avec des influences multiples qui donnent une musique bien ancrée dans son époque. Et là, par un hasard de calendrier, on m'invite à aller voir ce même groupe au Mandala la semaine suivante. Pourquoi pas ?

Le Mandala, salle aussi intimiste que mythique de la scène musicale toulousaine. Il faut arriver tôt si on veut une place, c'est ce que nous faisons. Nous serons d'ailleurs bien contents d'avoir une bonne table pour profiter de l'intégralité du concert. Parce que quand Wen Quartet attaque, il devient vite très difficile de penser à autre chose et de détourner son regard de la scène.

Wen Quartet, c'est un saxophone soprano, une batterie, une contrebasse et un clavier. Selon mes informateurs, ces jeunes gens (je doute qu'un seul d'entre eux ait plus de 25 ans) sortent plus ou moins tous d'études de musicologie. Et j'avoue avoir éprouvé une certaine inquiétude en apprenant ça. Ça va être démonstratif, élitiste, sans âme, voilà les pensées qui m'ont traversé l'esprit. Heureusement, le quartet a rapidement dissipé mes doutes.


Commençons par le clavier. Quand il n'est pas sur le piano droit du Mandala, envoyant ses accords mortellement jazzy à 200 à l'heure, Xavier Gainche se tourne vers son clavier Nord et aime à triturer les boutons. Dans sa discothèque, on imagine, entre autres, beaucoup d'albums d'électro. Ça fait du larsen, ça crée des nappes, ça joue des sons très brut d'électro par-dessus, voire de la guitare disto, des gimmicks courts et entêtants, puis ça re-tourne des boutons... peut-être parfois un peu trop à mon goût, trop près du décrochage du noyau jazz du morceau... mais il prend son pied, Xavier, affichant un sourire béat de satisfaction musicale, cherchant ses camarades du regard.

Au fond, Louis Navarro et sa contrebasse survolent tout, tour à tour complice des trois autres. Il sait tout tenir à bout de bras, que ce soit dans le rythme ou la mélodie... ou les deux en même temps. Usant parfois de l'archer, voire d'un peu de distorsion, il nous envoûte alors de nappes profondes. Ah, la noblesse de cet instrument, quand il est joué à la perfection...

Au Mandala, les batteurs ne peuvent pas se cacher. Ça tombe très bien pour Simon Portefaix, qui n'a rien à cacher et tout à montrer. Impressionnant de maîtrise, il est omniprésent. Il ne lève presque pas les bras et ne cesse pourtant de cogner dans tous les sens. Mieux que cogner, il caresse du maillet, il gratouille de l'olive, il chatouille du balais, toujours sur la brèche, variation sur variation, impeccable et imprévisible. Il a aussi tout un tas de percus improbables, qu'il aime placer sur ses cymbales ou sur ses fûts pour certains morceaux : cassolettes, plats en alu, grelots, bibelots, tout y passe du moment que ça fait un nouveau son. S'il y en a un qui fait le show, c'est lui.

Enfin, sur le devant, il y a Claire Gaudré et son saxo soprano. La clé de voûte du quartet. Moins démonstrative que ses collègues mais tout aussi douée, elle est la gardienne du thème, le fil conducteur de la mélodie, elle donne de l'air, elle rappelle ses brebis égarées dans les contre-rythmes et les saturations. Et comme c'est une fille, immanquablement, la touche féminine fait son effet. C'est doux, tout en sensibilité, presque timide, l'équilibre apporté saute aux oreilles.



Voilà comment, fermement accroché à la colonne vertébrale d'une batterie extraterrestre, Wen Quartet construit une ambiance et un son qui lui sont propres. Jazz, nu-jazz, groove, expérimental, électro, rythmiques tordues et changeantes, l'univers sonore est riche d'influences et d'idées formidables. Les morceaux montent, et montent, gagnent en intensité, puis on repart sur la belle mélodie du sax... Et on recommence, pour notre plus grand plaisir auditif. Il y a des regards entre tous les membres, pour partir au bon moment, pour être sûr de bien placer le break... et des regards qui se sourient. Des regards de musiciens qui se connaissent bien, qui aiment jouer ensemble et qui vous le montrent.

Nous avons passé un moment fabuleux à écouter les trois sets (rien que ça !) que la formation toulousaine (voir la deuxième vidéo pour ceux qui connaissent un peu la ville...) nous a interprétés ce soir-là. Merci à Wen Quartet, puisse leur futur être pavé de beaux morceaux et de concerts mémorables !



lundi 13 février 2012

savaging spires - savaging spires


allez ok j'en parle, savaging spires, un groupe énigmatique qui ne laisse filtrer que très peu d'information les concernant.
donc je ne sais pas d'où ils viennent, où ils vont, et ce qu'ils veulent faire dans la vie, mis à part de la musique de hippie.
après tout on s'en fou pas mal, mais ça me faisait un paragraphe de plus. bon donc la musique, et bien là c'est aussi c'est assez difficile de la définir.
savaging spires fait une sorte de folk fantomatique, complètement psychédélique. tellement psychédélique que certains titres paraissent incomplets, juste des nappes de guitares folk accompagnées de légères percussions.

pas de quoi faire un titre, sauf pour savaging spires. l'album est roots, hippie, folk en majeure partie et complètement déluré. en gros il va falloir vous accrocher pour aimer tous les titres.
sur les 12 titres que composent l'album, il n'y en a que la moitié de vraiment aboutis, le reste pourrait s'apparenter à des interludes présents pour faire patienter le temps de refaire le plein de psychotrope et enchaîner sur le titre suivant.

alors voilà à vous de faire le tri, mais pour une moitié d'album c'est une bonne moitié d'album. leur musique est simple avec une base de guitare acoustique, beaucoup de chœurs sont présents, quelques notes de xylophone, un peu d'accordéon et voilà comment faire un album un peu perché qui tire ses influences dont on en sait où.

un petit titre pour l'exemple, voici photographic memory#5

samedi 15 mai 2010

Rien - 3

Rien, groupe de post rock français que j'avais découvert avec le phénoménal " il ne peut y avoir de prédiction sans avenir" nous revient avec "3", premier EP d'une trilogie sans nom si l'on en croit le site de l'Amicale Underground. Vous pouvez y télécharger gratuitement et légalement ce nouveau monument, si ce n'est pas déjà fait procurez vous aussi les précédents, c'est énorme. Un univers à la Grails en plus léger, mâtiné de western spaghetti, un très beau voyage une fois de plus.

samedi 20 février 2010

Bonobo - Black Sands


Un album de Bonobo, c'est toujours indolore, ça passe tout seul, parfait pour passer quand la famille vient à la maison ou pour coller sur une pub. Celui-ci ne déroge pas à la règle, ça commence comme du Yo Yo Ma, c'est plein de beaux instruments (harpe, flûtes, contrebasse, xylophone, cuivres, etc) et de belles mélodies très Ninja Tune. Cette fois la voix d'Andreya Triana se fait plus épisodique mais toujours suave et douce, un vrai plaisir. On navigue entre pop, soul, hip hop et electro, avec beaucoup d'élégance et de délicatesse. Simon Green aka Bonobo sort Black Sands chez Ninja Tune en mars et sera en tournée en France au mois de mai, par ici pour les dates.
Bonobo - Eyesdown (Radio Edit) by Paris PngPng

dimanche 8 novembre 2009

Ochre - Like Dust of the Balance


Moment précieux que celui où l'on a la certitude d'avoir découvert quelque chose qui nous accompagnera pendant des années. Ochre allie délicatesse et élégance dans un electro IDM accoustique très fin. Les beats destructurés ne sont pas là pour vous casser la tête, ils viennent juste surligner les mouvements de la harpe, de la mandoline ou du violon.



Voilà une belle porte d'entrée pour qui cherche à comprendre ce qui peut fasciner dans l'IDM. Quelle tristesse de voir disparaitre le label écossais Benbecula après 10 ans d'activité...

dimanche 11 octobre 2009

Hecq - Steeltongued


Ben Lukas Boysen, AKA Hecq est un sound designer qui compte MTV, Nike ou Audi parmi ses clients. Je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine fascination pour ces univers sonores même si l'exercice est extrêmement balisé. L'effet nouveauté joue aussi (ce type de musique l'est relativement) et on peut se demander si ça mène quelque part et ce qu'il en restera dans quelques décennies, mais j'y peut rien, c'est beau.

Marussia Promotion Spot HD from proxell.tv on Vimeo.



Son dernier album se nomme Steeltongued, attention hein, c'est de la texture sans couleur, peu de notes mais essentiellement rythmique. Ou alors c'est genre "je tiens le mi pendant 5 minutes". Intéressant...

dimanche 13 septembre 2009

Tyondai Braxton - Central market


Encore un disque improbable. Tyondai Braxton connu pour son trio Battles chez Warp ne se refuse rien sur ce Central Market. Aucune idée n'est trop folle, l'auto censure est censurée. Ne cherchez pas sur cette galette un palliatif au génial travail de Battles, car même si l'on retrouve quelques sonorités, on est pas dans le même univers. Ici vous croiserez pelle-mêle Walt Disney, Mike Oldfield, Lewis Carroll, John Zorn, les sept nains, et j'en passe. Orchestral, barré, avant-garde, pas génial tout le temps mais franchement inspiré. Je suis bien content de vivre dans un monde où l'on se permet enregistrer ce genre de disque.