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mardi 5 octobre 2010

Hebdromadaire #16 (4010) - Le Mythe du "Trou de la Sécu"

"Le Mythe du Trou de la Sécu" de Julien Duval
135 pages
Editions Raison d'Agir
6€



























Présentation de l'auteur:
Chargé de recherche au CNRS depuis octobre 2001, au Centre de recherche sur l'action politique en Europe (2001-2004) puis au Centre de sociologie européenne devenu (janvier 2010) équipe CSE du Centre Européen de sociologie et de science politique.

Présentation du livre par l'éditeur:
A en croire les médias et les débats politiques, la Sécurité sociale serait menacée de faillite par un déficit abyssal. Pour faire face à l'augmentation des dépenses et au vieillissement de la population, notre système de protection sociale, créé en 1945 pour donner "la garantie à chaque homme qu'en toutes circonstances il pourra assurer sa subsistance et celle de personnes à sa charge", serait condamné à se "réformer" sans cesse: déremboursements, réduction des prestations, hausse des cotisations, voire privatisation. Chercheur au CNRS, Julien Duval renverse les termes du problème: il n'y a pas de "déficit de la Sécu" mais "un besoin de financement" que les gouvernements successifs ont décidé de ne pas satisfaire en multipliant depuis 1993 les exonérations de charges sociales. En effet, l'affaiblissement de la protection sociale découle non pas d'arbitrages techniques mais d'un choix politique: le transfert généralisé des " risques" du capital vers le travail.



Voilà une autre lecture que j'ai pu assouvir pendant ma semaine catalane, un livre dont m'avait parlé El Kash il y a quelques temps déjà et que je m'étais mis de côté. C'est un livre très technique pour un néophyte comme moi , édité chez Raisons d'agir, une collection créée par Pierre Bourdieu.
Comme d'habitude je ne prend jamais de notes pendant mes lectures, ce qui est bien dommage, et je vous livre plus une impression de "tête" avec mes ressentis plutôt qu'une fiche de lecture académique.

Noble cause que la sécurité sociale ainsi que les assurances retraite, "chacun cotise selon ses moyens et chacun reçoit selon ses besoins".
Ou l'on apprend l'histoire de la sécurité sociale, comment elle a été mise en place avec le temps, au début surtout pour soigner des ouvriers usés et malades afin que leurs patrons n'y perdent pas trop au change, ca coute moins cher de réparer un bonhomme mal en point que d'en former un nouveau!
D'ailleurs la sécurité sociale n'est pas financée par l'impôt mais par les cotisations sociales, a la base elle fut donc destinée aux travailleurs uniquement, avant d'etre étendue au reste de la population.

La sécurité sociale un bel outil démocratique & universel, qui fut hélas saccagé par les différentes politiques successives, et ou l'on s'aperçoit au travers de l'ouvrage que le déficit de la sécurité sociale est artificiellement maintenu.
En effet il y a beaucoup de recettes qui lui sont destinées qui ne lui arrivent jamais, facile après ça de dire que la fille sécu a des trous dans la caisse!

Le traitement médiatique de ce dit trou est tout aussi ahurissant, les éditorialistes relayant a la une ces chiffres alarmants sans jamais non plus vérifier la véracité de leurs sources. L'auteur ici démontre brillamment ce dernier point avec moults exemples.

Le trou c'est l'état qui l'a causé en allégeant par exemples certaines charges chez les patrons et en ne financement pas la sécu comme il aurait dû le faire.
Une fois que le trou est là, pointons le honteusement du doigt tel le mauvais élève de la classe en expliquant que c'est pas bien ce que tu as fais élève Sécu, d'ailleurs puisque c'est ça je vais préparer le terrain pour les assurances privées qui vont se faire un plaisir de faire les poches des contribuables ...



L'auteur présente son ouvrage en MP3


Voici un extrait de l'ouvrage:

Depuis une vingtaine d’années, quelques idées très répandues structurent le débat public en matière de protection sociale : les difficultés financières de la Sécurité sociale, ses sombres perspectives d’avenir, les effets négatifs sur l’économie d’un trop haut niveau des prélèvements... Si ces idées, qui reposent en partie sur des faits avérés, peuvent présenter une certaine cohérence logique, on ne saurait les comparer à des propositions scientifiquement validées. Ce sont d’abord des lieux communs, nés des rapports de force au sein d’un « jeu politique » dont le fonctionnement a été analysé en sciences sociales [1]. Leur qualité première est de faire consensus parmi les groupes qui prennent le plus activement part au « débat public » : le pouvoir politique, les experts reconnus par celui-ci, les « partis de gouvernement », les journalistes des grands médias, les instituts de sondage. Les raisons qui incitent ces différents agents à promouvoir certaines « vérités » ne relèvent pas de la science pure. Les responsables politiques, par exemple, ne cherchent pas tant, dans leur discours, à livrer des descriptions rigoureuses de l’état du monde qu’à en donner des représentations qui justifient leur action. De plus, leurs conditions de travail sont marquées par l’urgence. Comme les journalistes, ils doivent régulièrement s’exprimer sur des « dossiers » qu’ils connaissent mal. Dans ces conditions, il est logique qu’ils soient tentés de s’en remettre aux idées reçues, celles qu’ils peuvent défendre sans risque, puisque tout le monde les a déjà admises.

Il n’est donc pas étonnant que la vision dominante en matière de protection sociale, soumise à un examen un tant soit peu rigoureux, se révèle très inconsistante. Des chiffres indiscutables donnent communément lieu à des interprétations ou des conclusions qui le sont beaucoup moins. Il n’est pas rare, non plus, que le débat public s’organise autour de propositions quasi indémontrables, ou accorde sans sourciller une validité générale à un raisonnement vérifié (au mieux) uniquement dans des conditions très particulières. Ainsi, des outsiders du jeu politique (par exemple certains syndicats, partis minoritaires ou intellectuels critiques) formulent régulièrement des objections très argumentées contre tel ou tel lieu commun sans jamais entamer de façon décisive le crédit collectif dont celui-ci bénéficie.

Ces remarques valent pour le « déficit de la Sécurité sociale ». Occupant une place de première importance dans la vision dominante, ce sujet est, à coup sûr, l’un des plus commentés. Les médias suivent attentivement son évolution et le propulsent « à la une » en maintes occasions. Ce qu’ils appellent le « déficit de la Sécurité sociale » correspond, en réalité, aux besoins de financement du régime général. Le chiffre officiel fait les gros titres quand le rapport semestriel de la commission des comptes de la Sécurité sociale est rendu public : parmi beaucoup d’autres informations, ce document comporte les prévisions relatives aux besoins de financement du régime général pour l’année en cours. Mais le célèbre chiffre retient parfois l’attention journalistique en d’autres circonstances : depuis 1995, la Cour des comptes publie un rapport sur la Sécurité sociale qui est remis au Parlement en prévision du vote à l’automne de la loi de financement de la Sécurité sociale. Et, en cours d’année, la presse titrera également sur des chiffres officieux annonçant un dépassement des prévisions officielles. [...]

De fait, c’est presque quotidiennement que les médias rappellent l’existence du « trou de la Sécu ». Rares sont les articles sur la Sécurité sociale qui ne s’y réfèrent pas, d’une façon ou d’une autre. Ainsi, le « trou » sert régulièrement d’accroche ou de chute quand les informations télévisées traitent des sujets tels que les escroqueries aux prestations sociales, la médecine, les hôpitaux... La tendance journalistique à assimiler la Sécurité sociale à son déficit est très visible aux anniversaires de la création de l’institution. Les commémorations inspirent alors des reportages évoquant largement, et parfois exclusivement, le « trou » : certains le considèrent comme aussi ancien que l’institution ; pour d’autres, c’est seulement dans les années 1970 qu’il se serait mis à « ronger le système ». Bref, lorsqu’un journaliste qualifie la Sécurité sociale de « système qui produit des déficits » [2], il exprime moins une opinion personnelle qu’une vision très répandue dans les médias.

Les journalistes ont certes de bonnes raisons de s’intéresser au « trou de la Sécu ». Longtemps, une raison technique l’a rendu préoccupant : les administrations de Sécurité sociale étaient dans une quasi-impossibilité matérielle d’emprunter pour couvrir leurs besoins de financement. Mais la focalisation médiatique semble d’abord tenir au montant du déficit : en 2005, 11,6 milliards d’euros. S’ils le qualifient souvent d’« énorme », les journalistes diagnostiquent aussi un état « chronique » et, à ce titre, inquiétant : depuis les années 1990, les besoins de financement du régime général viennent grossir la dette, gérée par la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES). Outre un risque de « faillite », il arrive également aux médias d’envisager que l’institution soit un jour dans l’impossibilité de verser les prestations sociales.

Ces arguments, qui semblent justifier l’importance accordée au sujet, doivent être relativisés. Le montant absolu du déficit, auquel les médias s’en tiennent généralement, paraît colossal. Mais, rapporté aux sommes en jeu, il ne correspond pas à une part considérable de l’ensemble des recettes du régime général : même en 2005, où il atteint un niveau sans précédent, il n’en représente que 4,3 %. La même année, pour le budget de l’État, le rapport du solde aux recettes s’élève à 18 %. De même, on peut noter qu’en 2005 les besoins de financement de la Sécurité sociale ne constituent que 7,3 % de l’ensemble des besoins des administrations publiques [3].

Si l’importance accordée au chiffre du déficit paraît disproportionnée, on peut aussi discuter de la lecture qui en est régulièrement faite. L’expression « trou de la Sécu » est une sorte d’« obstacle verbal » qui « pousse à une pensée autonome » et tend à fournir « une fausse explication à l’aide d’un mot explicatif » [4]. Elle invite à penser les finances de la Sécurité sociale sur le modèle du budget d’un ménage. L’analogie est parfois explicite. Pour tel journaliste de télévision, par exemple, il s’agit de problèmes « tout simples » : « le budget d’un ménage, il est composé des revenus et puis on doit s’y tenir, tout simplement » [5]. L’expression « trou de la Sécu » ne fait pas que nommer un problème, elle renvoie implicitement au principe de l’économie ménagère selon lequel on ne peut pas durablement dépenser plus qu’on ne gagne. Elle renferme ainsi une explication : l’institution est en déficit parce qu’elle vit au-dessus de ses moyens ; et si elle vit au-dessus de ses moyens, c’est qu’elle gaspille ses ressources ou fait des dépenses inutiles.

Des sujets très médiatisés confortent cette thèse : les « abus » entourant le fonctionnement de la Sécurité sociale, ou les escroqueries aux assurances-maladie ou chômage, si souvent rapportées par les radios et les télévisions privées. Certains news magazines en proposent fréquemment des compilations sous la forme de « unes » et de dossiers dénonçant « la grande fraude sociale » ou « ceux qui creusent vraiment le trou de la Sécu ». Depuis 2002, les gouvernements de droite martèlent que le système actuel donnerait lieu à des « fraudes » de plus en plus nombreuses et que les assurés comme les médecins dépenseraient sans compter. Il fut ainsi beaucoup question ces derniers temps de « surconsommation de médicaments », de « nomadisme médical », d’« examens médicaux injustifiés », d’« arrêts de travail abusifs »... sans parler de la « bobologie » : « Les Français vont de plus en plus souvent à l’hôpital pour de petits traitements ou de simples bobos. On donne sa carte Vitale, on ne sait pas combien ça coûte » [6]. [...]

Julien Duval, Le Mythe du « trou de la Sécu », Éditions Raisons d’agir, 2007, pp. 17-19 et pp. 21-24.




jeudi 19 août 2010

Hebdromadaire #14 (3310) - Le Guide Du Démocrate : Les clés pour gérer une vie sans projet


Le Guide du Démocrate
Les clés pour gérer une vie sans projet
Par Éric Arlix, Jean-Charles Massera
128 pages
Éditions Lignes
13 euros

Présentation des auteurs:

Éric Arlix est écrivain et directeur des éditions è(r)e. Il a notamment publié Le monde Jou, Verticales, 2005  ; Programme, MacVal, 2010.

Jean-Charles Massera est l’auteur de nombreux textes de littérature, d’essais et de textes de théâtre, dont  : A cauchemar is born, Verticales, 2007  ; We are L’Europe, Verticales, 2009.



4 ème de Couverture:
« Bienvenue dans une époque de l'indice, du sondage et des prévisions comme représentations ultimes, du Caddie malin, du lavage de cerveau rigolo, de l'émotion sur commande, de la pulsion en promo partout, du coaching pour pas trop sombrer quand on commence à être largué et d'un marché de l'emploi soumis à des flux super tendus et super brutaux comme ambiance, le tout dans la terreur de faire partie de la vague de septembre. »
Ou comment les idées reçues, dans nos sociétés « les plus avancées sur le plan de la marchandisation et de la mondialisation des échanges et des informations », forment la matière d'un langage où se donnent d'abord à voir la misère conceptuelle du démocrate, ses interrogations creuses et sa bonne volonté dénuée d'emploi. Cet essai facétieux engage la critique du démocrate contemporain par le moyen même de la langue dont il fait usage.



Voici un livre léger et amusant qui se lit vite et fait passer un bon moment.
J'ai souvent ri à la lecture de cet essai, essai dont je dois avouer que je me retrouvais hélas au travers de certaines caricatures du "démocrate" d'aujourd'hui (comprenez par démocrate : consommateur/contribuable/râleur et j'en passe...)
On en prend plein la poire et les auteurs se servent habilement de la novlangue qui nous lave le cerveau quotidiennement pour démontrer l'absurde de nos sociétés et de nos comportements , notre égoïsme grandissant et le manque de courage qui nous caractérise tous.

Extrait:

« Par exemple, s’organiser pour faire vivre un agriculteur de sa production et dans le même temps nourrir des quartiers entiers (oui c’est possible) avec une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes et issue de l’agriculture biologique, c’est une super idée et plein de gens commencent à s’abonner aux paniers proposés par les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), mais dans leur immense majorité (eh oui) les démocrates pensent qu’ouvrir un sachet c’est facile mais que laver-éplucher-couper-cuire des légumes c’est pénible. En fait, et c’est bien déprimant, mais le démocrate préfère les chips ou le sachet de pâtes à passer au micro-ondes avec la sauce lyophilisé qui va avec plutôt qu’une soupe de patates douces au gingembre à qui prend 5 minutes à cuisiner. Dommage. »

« On peut être très stressé et avoir la tête sur les épaules, aimer la clim de son monospace et avoir conscience qu’en transpirant dans les transports en commun non-climatisés on pollue moins, aimer arriver au bureau frais comme si on sortait de la douche, mais aussi vouloir être à l’heure pour le premier rendez-vous de la journée. Alors pourquoi ne pas se laisser tenter par le co-voiturage avec des personnes sympas qui roulent dans des modèles récents ? Certes, ça peut être dur, surtout si vous écoutez habituellement BBC World Service, Nostalgie ou NRJ et que votre co-voitureur est un accro de Rire & Chansons, mais être démocrate, c’est aussi savoir être souple, s’adapter facilement, tolérer chez les autres ce qu’on ne supporterait ni chez soi ni parmi ses proches et surtout savoir redéfinir en permanence ses critères d’évaluation de l’Autre.

Mais la solution séduisante du partage des frais et de la réduction de la production de CO2 demeure relativement expérimentale [Attends, la boîte nous a pas encore tous parqués dans l’même bled, donc le co-voiturage excuse-moi, mais... !]. Du coup, pour se rendre au travail, le démocrate est souvent obligé de passer plusieurs heures par jour dans les transports massifiés [Et l’9h12 qui est encore en retard... Font chier  !]. Face au taux de pénibilité imposé par des sociétés de transport de moins en moins adaptées aux besoins des zones d’activité économique à forte concentration de population, le démocrate a le choix entre trois grandes familles d’activités  : jouer/réfléchir (Sudoku), lire (gros pavés vus à la télé), écouter ses mp3. En s’arrachant les cheveux sur une grille de Sudoku (à peu près 6 milliards de grilles possibles) le démocrate échappe temporairement à sa condition de transporté pour devenir un as de la logique sans conséquence, en lisant son gros pavé vu à la télé le démocrate configure sa sensibilité tout en renforçant la position des géants de la culture industrielle sur le marché de l’imaginaire, en écoutant des mp3 il se coupe de toute possibilité de construction d’un en-commun et transforme passagers, banquettes, stations et autres éléments de cet environnement soudain méprisé en simple fond visuel. »

dimanche 4 juillet 2010

Hebdromadaire #12 (2610) Le match de football télévisé

Le match de football télévisé
de Jacques Blociszewski
270 pages
Editions apogées
20€

Présentation de l'auteur:
Jacques Blociszewski est chargé d'études dans le domaine culturel.
Il est l'auteur d'articles et d'analyses sur les relations entre le sport et les médias dans Le Monde, Le Monde diplomatique, Midi Olympique, et dans de nombreuses revues spécialisées.
Sur ce même thème, il est intervenu notamment, à Paris l'institut National du Sport (INSEP), à l'Ecole Normale Supérieure, à l'école Nationale des Télécommunications, ainsi qu'au Centre de la fédération Française de Football à Clairefontaine




4eme de couv:
La télévision a-t-elle expulsé Zinédine Zidane de la finale de la Coupe du monde 2006 ? Le fameux " coup de boule " et les interrogations sur le rôle du quatrième arbitre et des images vidéo ont mis spectaculairement en lumière les liens qui unissent le football, premier sport mondial, à la télévision. Ce livre traite l'évolution du football télévisé, la réalisation, les commentaires et les émissions, l'éthique...
Il aborde les problèmes que soulèvent la transformation du football par une télévision au pouvoir écrasant, l'inflation des droits, le retour incessant sur les matches, l'utilisation de la technologie et de la vidéo comme preuve, les écrans géants dans les stades... Son auteur porte ainsi un regard à la fois documenté, passionné et critique sur les effets de la télévision sur le jeu. À travers notamment les exemples des Coupes du monde 2002 et 2006 sont analysés la dissection des matches par les ralentis, les accusations contre les arbitres, le bavardage sportif et les polémiques, l'illusion de l'arbitrage vidéo, les sanctions possibles sur la base des images. Quant aux commentateurs et consultants, dépendants du réalisateur et des contrats d'exclusivité, ils vendent le football plus qu'ils ne l'expliquent. Lorsque l'image devient la référence, le monde réel souffre.
Sous l'impact d'une télévision qui n'en saisit plus l'esprit et la beauté, le football est en danger.


Voici un bouquin offert par ma moitié que j'ai fini au début de la coupe du monde et qui vient à point nommé, je doute qu'il fasse naitre des vocations sur ce blog, mais cette étude a intéressé le fan de football que je suis.
Étant un partisan modéré de l'usage de la vidéo dans le football avant sa lecture, j'ai pu me forger mon avis suite a une étude poussée et de nombreux exemples illustrant ce livre. Je suis plutôt contre l'utilisation de la vidéo à présent et les différentes analyses que j'ai pu lire dans ce livre ont radicalement changé mon approche de mon divertissement télévisé préféré.

En effet le football appartient de moins en moins au stade et de plus en plus à la TV.
Pour avoir vu de nombreux matchs dans des stades, dont un de coupe du monde, c'est un univers direct et une vision globale qui s'offre au spectateur, on peut faire le choix de regarder la partie du terrain ou se situe l'action, ou regarder n'importe ou ailleurs et voir ce que la télé ne vous montrera jamais (joueurs avec les mains sur les hanches qui récupèrent, replacement du bloc équipe, entraineur qui s'invective avec le 4eme arbitre ou le banc adverse, supporters dans les gradins qui déploient un tifo).
Certes pas de loupes ou de super slow-motion (ralentis) pour revoir les actions mais l'assurance d'être au cœur de l'évènement et de le vivre une fois et une fois seulement avec le risque de regarder au mauvais endroit au mauvais moment et de rater un moment important de la rencontre.

Avec le prisme de la télévision c'est une trentaine de caméras qui enregistrent tout ce qu'elles peuvent et le spectacle qui vous est offert est soigneusement mixé par le réalisateur maison, orientant ses choix en fonction des besoins de la chaine de TV , ce qui enlève toute impartialité à la réalisation dudit évènement.

J'ai toujours rêvé d'un match de football télévisé ou il me serait possible de n'avoir que les bruits d'ambiance du stade sur un feed audio dédié, car je peux me passer aisément des commentateurs: le score et le temps de jeu écoulé sont indiqués a l'écran et les joueurs ont leur nom marqué sur le maillot.
Du coup je ne vois pas ou est la plus-value des commentateurs parce que me dire que A passe le ballon a B , merci mais je suis en train le voir en même temps qu'eux et inutile de me rappeler le temps qu'il reste a jouer, je vois aussi le petit chronomètre incrusté à l'écran ...
Reste plus que le côté chauvin insupportable ou le côté vendeur de jeu surtaxés a la con ou promoteur des programmes à venir sur la chaine qui retransmet le match, deux aspects parfaitement dispensables du commentateur sportif.

Curieusement, malgré les avancées techniques de ces dernières années la possibilité de regarder un match de football télévisé avec juste l'ambiance du stade n'existe pas.

Revenons en aux réalisateurs des matchs, pourquoi par exemple faut-il toujours qu'ils nous montre 3 fois pendant le match la belle nana peinturlurée aux couleurs de son pays ou pire encore l'homme/femme politique ou le directeur de la chaine de TV en tribune après un but de leur équipe?
Pendant qu'on me montre ça, il y a surement des choses plus intéressantes a voir sur le terrain.

Ce qu'on retiendra d'un match de football a la TV c'est la vision faussée donnée par la réalisateur, comme les 2 ou 3 ralentis d'une faute donnant l'impression que la faute était un véritable attentat alors qu'a vitesse réelle ce n'était qu'un léger contact.
Sans parler du nombre impressionnant de ralentis de fautes diffusés pendant un match, on repartira avec la sensation d'avoir vu une mini-guerre entre deux nations, montée en épingle par des commentateurs peu objectifs et un réalisateur décidé alors qu'il ne s'agissait que d'un simple match de football entre deux pays.

Pour info, en faisant des recherches sur l'auteur, Jacques Blociszewski, avec un certain recul, suit la coupe du monde pour Libé












vendredi 4 juin 2010

Hebdromadaire #11 (2110) Pourquoi les pauvres votent à droite


Pourquoi les pauvres votent a droite ?
Par Thomas Franck
Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton
Préface de Serge Halimi
364 pages
24€

Présentation de l'éditeur
Depuis des décennies, les Américains assistent a une révolte qui ne profite qu’a ceux qu’elle est censée renverser.
Les travailleurs en furie, forts de leur nombre, se soulèvent irrésistiblement contre l’arrogance des puissants.
Ils brandissent leur poing au nez des fils du privilège.
Ils se gaussent des affectations délicates des dandys démocrates.
Ils se massent aux portes des beaux quartiers et, tandis que les millionnaires tremblent dans leurs demeures, ils crient leur terrible revendication : "Laissez-nous réduire vos impôts !"


Biographie de l'auteur
(extrait de son site off)
Thomas Frank grew up on the wild plains of Kansas. He pulled himself up by his bootstraps and learned to read, write, and cipher. He likes big steaks, BBQ, and most other meat dishes.

J'ai toujours été nul en fiches de lecture, peut-être suis-je trop fainéant ou simplement pas assez méthodique, mais alors que je viens de dévorer ce livre je me devais de vous offrir une petite chronique.
Une chronique une fois l'an, l'hebdromadaire n'a jamais aussi bien porté son nom.

Voici un bouquin qui narre l'histoire politique du Kansas, un état du midwest, mère patrie de Pizza Hut, célèbre pour ses tornades et ses terres arables, 50eme état le plus visité des USA (sur 50 états ça en dit long sur le développement touristique)
Un état fermier qui en quelques années est devenu un des symboles de cette Amérique républicaine.
Cette Amérique qui va voir des courses de stock-car, est à cheval sur le port d'arme (alors que les Texans eux portent les armes à cheval), dévouée au créationnisme et engagée dans la lutte contre l'avortement.
Souvenez-vous de la carte politique des USA après chaque élection depuis quelques années, les deux côtes Est et Ouest sont bleues (Démocrates aka les ânes) et entre les deux c'est tout rouge (les Républicains aka les éléphants.)

Dans ce bouquin Franck raconte comment un état qui avait des industries (Boeing à Wichita), des conserveries de viandes, des fermiers syndiqués a pris en pleine poire la mondialisation et ses effets pervers.
On pourrait croire que les quelques acquis sociaux encore en place et ceux amenés a disparaître feraient le jeu des Démocrates locaux qui pourraient se faire élire et réélire haut la main en défendant ces acquis, terrible erreur.
Alors que les démocrates locaux essaient comme ils peuvent de séduire l'électorat libéral local, les petits patrons et autre CSP++, les "ânes" se sont plantés en beauté.
Évidemment les gens qui ont un peu de pognon ne vont pas se laisser convaincre aussi facilement et vont voter selon leurs intérêts.
Côté républicain, on ne jure que par le marché, par exemple Boeing lance un ultimatum a la ville de Wichita pour qu'elle baisse ses taxes professionnelles sinon elle ira délocaliser ses usines.
La municipalité s'exécuta les yeux fermés et 3 ans après avoir bénéficié des largesses des contribuables locaux Boeing délocalisa quand même ses usines, monde d'escrocs me direz vous.
C'est peu de le dire.

On pourrait penser que les gens s'insurgent, mais hell yeah la propagande républicaine est là, c'est vrai le marché est présent et il dicte sa loi, c'est la volonté de Dieu, tant pis pour les fermetures d'usines par contre le mariage homosexuel envisagé dans certains états démocrates côtiers, c'est ça le vrai problème, le vrai danger qui risque de corrompre le Kansas!

Le propos le plus délirant de ce bouquin est de voir que la cheville ouvrière de cet état s'engouffre dans cette lutte démago des républicains en les soutenant massivement au nom d'une Amérique des valeurs à sauver, à défendre, une Amérique que la plupart n'ont jamais connu d'ailleurs.
Une lutte démago perdue d'avance (non le créationnisme ne deviendra pas une matière officielle à l'école malgré les tentatives de lobbying)

Bref j'ai pris mon pied a lire ce bouquin, très bien documenté et qui rappelle inexorablement les scores de l'UMP dans les classes ouvrières, ou l'on s'aperçoit que les recettes de là-bas sont comme souvent adaptées et appliquées ici, pour le meilleur des fois et pour le pire tout le temps.

En faisant des recherches sur l'auteur et son bouquin, j'apprends qu'un documentaire a été tiré du bouquin, voici la bande annonce que je découvre en même temps que vous:

dimanche 21 février 2010

The Beatles + data + design


Au moment où EMI essaie de vendre les studios d'Abbey Road, voilà un outil précieux pour qui souhaite se lancer dans l'étude approfondie des Beatles. Découvertes dans le fantastique bouquin de David McCandless "Information is Beautiful", ces planches tentent de donner une vision graphiques des données recueillies sur le groupe par Michael Deal. Vous y trouverez donc une cartographie des collaborations à l'écriture :

Une représentation des références que le groupe fait à ses propres chansons :
Et une représentation graphiques des notes utilisées par les Beatles :






















Inutile, donc indispensable.

samedi 27 décembre 2008

Hebdromadaire #6 (5208)


L'horreur Ecologique
par Claude Marie Vadrot
187 pages
19€

Présentation de l'éditeur
" Que le lecteur ne s'y trompe pas, ce livre n'est pas le 254e dossier sur les multiples atteintes à la nature et à l'environnement dont souffrent les humains, la France et la planète, mais un simple plaidoyer horrifié pour que nous cessions de jouer les autruches devant les réalités. [...] le monde est mal parti, et j'ai peur que nous soyons en train de l'accepter et de laisser nos responsables nous abreuver d'histoires et de promesses à dormir debout. Alors que les catastrophes écologiques en cours ne constituent en fait que des répliques de plus en plus fortes à la mondialisation, l'ultime tremblement de la terre. " Dans ce pamphlet, Claude-Marie Vadrot nous invite à ouvrir les yeux sur la vacuité des pseudo actions sociales, économiques et politiques en terme d'écologie en France. Car il est temps de faire de l'écologie autre chose qu'un formidable outil de communication pré-électoral pour qui brigue ou détient le pouvoir.




Biographie de l'auteur
Grand reporter au Journal du dimanche, Claude-Marie Vadrot a longtemps été président de l'association des Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie. (JNE) ; il en est aujourd'hui le délégué général et se consacre à l'écriture. Il collabore notamment au magazine Politis.


Le premier livre chroniqué sur ce blog non ? Faut croire que l'offre se diversifie !
Bon ce livre fait mal au cul, il nous rappelle que nous sommes tous coupables dans l'auto-destruction programmée de cette planète, une piqure de rappel ne fait pas de mal.

Tout le monde en prend pour son grade, les citoyens qui se baladent en 4x4 dans les centre villes, ceux qui consomment des tomates "bio" en décembre, ceux qui aseptisent leur interieur a coup de 'lingettes' parce que c'est jetable donc pratique, ceux qui changent de mobile tous les 6 mois parce qu'il faut être à la mode j'en passe et des meilleurs.

Tout le monde veut des éoliennes , de l'énergie "verte", mais pas chez soi hein c'est laid une eolienne, non il faut la mettre dans la commune voisine vous comprenez mon bon monsieur, je ne peux pas prendre le risque de voir mon bien immobilier un tant soit peu devalué par de l'energie "verte".

Quant aux hommes politiques c'est pire, politique de l'autruche, lobbying d'industriels ou des chasseurs à l'assemblée et ailleurs, pressions, interets economiques, tout est bon pour faire du" business de l'ecologie"et de l'effet d'annonce au lieu de prendre les problèmes à bras le corps.

Ce livre fait du bien, se lit facilement et donne envie d'aller prendre un arbre dans ses bras avant qu'il n y en ait plus !