mardi 11 octobre 2011

Hebdromadaire #19 (4111) - The Two Escobars































ESPN la chaine de sport US a sorti une série de documentaires intitulée "30for30".
Cette série présente 30 événements sportifs ou liés au sport, illustrés par 30 documentaires portant sur les 30 années entre 1979 et 2009.

The Two Escobars présente le destin croisé de Pablo Escobar, le narcotrafiquant le plus connu de la planète et Andrès Escobar, un joueur de football de l'équipe nationale colombienne. Notez que ces deux personnages malgré le fait qu'ils portent le même patronyme n'ont aucun lien de sang.

Pablo Escobar a bâti son empire avec le trafic de cocaïne, blanchissant une partie de ses revenus dans le football. D'ailleurs chaque cartel "possédait" son équipe du championnat colombien.
Qui dit dollars à gogo, dit signature de joueurs stars, corruption et élévation du niveau du championnat colombien.
Résultat: des clubs colombiens qui marchèrent bien sur la scène internationale et surtout une équipe nationale qui péta le feu au début des années 90, avec en point d'orgue la qualification historique de la Colombie pour la coupe du monde 1994 avec , excusez du peu, une victoire 5/0 en Argentine sur la route du mondial.

Pablo Escobar a aussi construit des terrains de foot, des hôpitaux, des écoles et il s'occupait des laissés pour compte ce qui faisait de lui quelqu'un d'adulé d'une partie du peuple colombien & haï par les autres.

Andrès Escobar était un défenseur reconnu, promis à une belle carrière au Milan AC en 94. Travailleur, besogneux, capitaine de l'équipe nationale, c'était un joueur avec des valeurs de droiture, et fricoter avec la pègre ce n'était pas trop son truc même si parfois il n'avait pas le choix. (Pablo Escobar organisa des parties de foot privées dans son ranch ou il faisait venir les meilleurs joueurs de Colombie en hélico pour son plaisir).

Le seul soucis pour Andrès Escobar c'est que lors de la coupe du monde 94, non seulement la Colombie fut éliminée au premier tour piteusement, mais en plus ce pauvre Andrès marqua contre son camp dans un match couperet contre ... les USA.

On devinait que son retour au pays n'aurait pas été facile, mais le bougre y laissa sa vie.

Voici une itw du bras droit d'Escobar extraite du documentaire, un personnage aux mains propre indéniablement, comme il le dit lui-même:



Le documentaire présente donc les liens entre le football, la cocaïne, comment les deux Escobars qui n'ont à la base rien en commun ont réussi a se croiser. Le documentaire dresse aussi le portrait de la Colombie du début des années 90 et c'est juste hallucinant, j'y ai vu la définition du terme "violence urbaine". Je ne peux que vous conseiller ce documentaire, très bien fait au demeurant alliant témoignages de survivants et images d’archives, qui me mis une bonne claque dans la gueule.

Avertissement: ce documentaire même s'il présente des scènes de football, n'heurtera pas la sensibilité du spectateur résolument anti-sport. Ce doc fut également primé dans quelques festivals dont Cannes 2010.

Site officiel avec le trailer qui va bien

lundi 3 octobre 2011

clap your hands say yeah! - hysterical

toujours content, jamais déçu, ce dernier album hysterical des clap your hands say yeah est excellent, tout simplement.
en temps normal les CYHSY sont très haut perché, ça sonne faux, c'est parfois dans le tempo et c'est ce qui les rend magnifiques.
surtout qu'après l'album solo mo beauty d'alex ounsworth, je ne pensais pas et n'espérais plus un troisième album.

bon du coup je m'étais préparé au mieux pour cet hysterical, depuis un mois je fume clope sur clope afin de perfectionner ma voix vers ce qu'il y a de plus désagréable et j'entraîne mes oreilles aux contretemps les plus improbables.

tout ça pour rien, hysterical est certes pas toujours très raccord, la voix d'alex grésille un peu mais franchement comparé à ses prédécesseurs, le nouveau né est facile d'écoute.
on peut noter la présence de pop, oui les mélodies sont rondes (enfin ovales plutôt) et on trouve ça est là une énergie nouvelle, entraînante qui respire la joie de vivre.

tous ces changements auraient pu tout gâcher, mais il n'en est rien, et du début à la fin les titres sont de haute volée. il n'y a pas de fausses notes (enfin je me comprends) même les plus réticents d'entre vous pourront peut-être trouver cet album à leur goût et pourquoi pas redécouvrir clap your hands say yeah et some loud thunder sous un nouveau jour (bon cela reste hypothétique, je ne suis sûr de rien).

alors que quatre ou cinq albums attendent d'être écoutés, je bloque sans relâche sur cet hysterical comme envoûté par sa grasse et son univers une fois de plus particulier.

voici maniac#4 en live, c'est entraînant, entêtant et ça donne envie d'y revenir.
il est moins évident que same mistake#1 ou yesterday, never#7, mais il vaut le détour.



dans un registre plus planant (et c'est le seul moment de répit de l'album), on trouve in a motel#6, je trouve ce titre, emplie d'émotions, très beau, très touchant et pour une fois on retrouve la voix haut perchée d'alex qui contraste avec la mélodie, comme dans le bon vieux temps en somme.



voilà je vous laisse avec same mistake#1, ce titre défini le mieux ce que vous retrouverez sur hysterical (la voix d'alex étant mieux maîtrisée sur la version album, mais ça je l'ai déjà dit)



CYHSY porte la pop dans ce qu'elle peut nous (m') apportez de meilleur, oui j'aime la pop et particulièrement quand la bande d'alex nous la propose telle qu'elle.
l'album est léché, produit sans se presser dans la lignée de mo beauty on est plus dans l'urgence à laquelle on aurait pu s'attendre de leur part, tant mieux ça change et montre un nouveau visage du groupe, un visage plus professionnel oui mais qui démontre que les CYHSY savent aussi faire des choses très bien destinées à un plus large public. mince ils partent à la conquête du monde et moi je n'ai plus qu'une envie les revoir sur scène.

mardi 20 septembre 2011

kasabian - velociraptor!

velociraptor! quel nom pour un album, après the west rider lunatic asylum de 2009, kasabian fait fort.
j'ai pas mal écouté cet album depuis une semaine, et la principale caractéristique qui me vient est que cet opus me fait penser à un genre de best-of à mi chemin entre the west rider lunatic asylum et kasabian leur premier album de 2004. on retrouve l'ambiance générale de l'avant dernier avec des teintes d'électroniques chères au premier. christopher karloff (le co-auteur de kasabian parti pour des divergences musicales lors de l'écriture de empire en 2006) n'est cependant pas revenu, et l'on doit une nouvelle fois l'écriture de ce petit dernier au torturé sergio pizzorno.


cet album est plus sombre que le précédent, ceci est dû essentiellement à l'électronique distillée par le synthé de pizzorno, il y a dans switchblade smiles#10 des airs de club foot, on est cependant loin du génie du premier album.
le titre n'en reste pas moins excellent, et se permet même d'aller titiller l'expérimental, mais dans l'ensemble c'est un cran en dessous.



sinon pour le reste on reste dans la lignée de the west rider lunatic asylum, l'album joue sur les changements de rythme, quand vélociraptor!#5 accroche et écorche l'oreille, la fee verte#4 fait dans la simplicité avec sa petite balade à l'anglaise.

on a à faire une nouvelle fois à une ribambelle de titres imparables comme kasabian sait si bien le faire. re-wired#8 en est le parfait exemple, un titre assez simple mais au combien ravageur, les foules devraient sauter assez vite lors des sessions live.



du coup le revers de la médaille c'est bien le calibrage radio qui saute aux yeux, les protégés d'oasis n'avait pourtant pas besoin de ça, enfin il faut ce qu'il faut pour un jour être l'égal de leurs illustres.

mardi 6 septembre 2011

tom vek - leisure seizure

tom vek, le multi instrumentaliste, l'anglais bourré de talent qui n'a pas profité de la réussite de son premier opus, tom vek mon premier concert gratuit sous la pluie.
terrible quoi, tom vek est vivant et revient dans le monde de l'industrie du disque pour nous proposer son deuxième album 6 ans après we have sound, qui avait laissé présager un bel avenir au jeune homme.

bref il a mis du temps mais parfois il vaut mieux, et surtout au vu de la qualité de ce qu'il nous présente aujourd'hui.
j'ai dû réécouter we have sound et son rock lo-fi passe partout pour me rendre compte du virage entrepris. enfin virage, en 6 ans tu m'étonnes, le contraire aurait été surprenant.

la seule constante est que les albums sont dansants et informels, et non formatés pour la vente à tout prix, non que du bon!

et donc à la surprise générale, sans crier "gare", voilà que tom revient avec un album électro pop fringant, distillant au passage des sons tous plus kitsch les uns que les autres.
des sons de vieux synthé mal accordé (en même temps va accorder un synthé!), des sons que même vos grands-mères n'auraient voulu pour écrire leur album.
non il a ajouté des sons que seul la techno des années 90 à bien voulu prendre, conféré les albums euh les singles! de docteur alban et autre ace base (çà c'est de la référence).

et bien dans cet album, ces petites touches ringardes passent toutes seules, on pourrait presque crier au génie, le tout sans les 2 grammes d'alcool dans le sang (ben oui pour connaître ace of base et consort il faut être allé en boîte, et pour me traîner en boîte... bref!)


l'album attaque avec 2 accords répétés tout le long de l'intro, la pression monte, et la pop se transforme en hype bien contrôlée. les arrangements sont subtiles, tout est parfaitement calibré, tom s'est vraiment appliqué.
que ce soit aroused#2 ou a chore#3, le tempo ne ralenti pas, la hype ne retombe quasi pas non plus, leisure seizure est lancé, il ne fera pas de pause avant world of doubt#5, ici la hype est mise de côté et laisse le champ libre à des guitares un peu moins discrètes.
ce titre me fait même penser à du cake, il y a du larsen, ça sonne faux c'est souvent lugubre et le chant est scandé plus que chanté, mais au final j'adore, comme d'hab ok.

on repart ensuite de plus belle avec seizemic#6, A.P.O.L.O.G.Y.#7 et someone loves you#7, ces titres sont bourrés d'influences éclectiques, mais restent facilement écoutables.
les titres d'ailleurs paraissent fleurter avec l'expérimental, mais au final cela reste du rock électronique que papi pourrait écouter s'il n'était pas sourd, enfin quoique!!!





la fin est digne du début on n’atterrit jamais vraiment, les enchaînements sont encore distillés à vive allure et l'électronique prend le dessus sur la hype et le rock, ça a pour effet d'éviter l'overdose et de permettre de réécouter l'album en mode repeat.

mardi 30 août 2011

okkervil river - i am very far


le disque de cet été est pour moi i am very far d'okkervil river. véritable petit bijou folk à mi chemin entre midlake et arcade fire.
c'est leur sixième album, il est une fois de plus signé chez jagjaguwar, et c'est encore une vraie réussite. will sheff a une fois de plus était très inspiré. l'album alterne entre folk maîtrisée qui donne envie de voyager et envolées lyriques d'indie rock qui n'ont rien à envier à leur voisin québécois.



c'est simple il n'y a pas vraiment de déchet, je ne vais pas dire que tous les titres sont exceptionnels, mais franchement l'album s'avale d'une traite et certains peuvent déjà briguer la place de meilleur titre du groupe.
c'est d'ailleurs tellement bon que je me demande comment ce groupe n'est pas plus connu, du moins en europe. en tout cas avec cet album, qui s'éloigne encore un peu plus de la folk que ses prédécesseurs, ils devraient trouver une reconnaissance qui ne serait que méritée.

l'album est vraiment racé, un véritable univers riche en harmoniques de différents horizons, c'est torturé et pourtant très facile d'écoute, pas besoin d'en faire trop i am very far touche de suite son auditoire. c'est également mélodieux, juste, avec okkervil river la musique semble facile.
les titres sont soit intimistes à l'instar de lay of the last survivor#4 et we need a myth#6 avec leurs mélodies douces agrémentées de flûte ou de violon légers, soit nerveux comme le très accrocheur rider#3. et toujours la voix de will qui prend au corps.

voilà je ne saurais trop que vous conseiller ce petit album aux oignons et voici de quoi vous mettre l'eau à la bouche avec white shadow waltz#5 en live. je vous laisse découvrir le reste seul, ce morceau se suffit à lui-même et donne envie de ré(écouter) toute leur discographie.

mardi 16 août 2011

sons & daughters - mirror mirror

bon ben là on peut dire que les vacances sont terminées, pourtant je les ai faites durer un maximum.
bon je reviens avec quelques galettes et la première sera mirror mirror, le nouvel album des sons & daughters.
à chaque album les écossais modifient leur musique, cette fois ça vient des profondeurs, des mêmes profondeurs dont sont sortis les kills il y a peu.
mirror mirror est un album sale orienté sur les basses grésillantes et leurs percussions venues un peu d'outre tombe, le premier titre silver spell#1 annonce direct la couleur.


l'album est minimaliste au possible, quelques titres sortent plus de trois accords, mais la majorité avance à l'unisson (voire au monosson plutôt).
de plus contrairement aux autres opus, scott paterson, le guitariste, passe au premier plan et chante sur quasi tous l'album, devenant même le lead vocal sur certains titres auxquels adele bethel mêle magnifiquement sa voix hypnotique.
le duo fonctionne très bien et apporte une fraicheur qui n'est pas pour me déplaire. mais revenons aux fondamentaux, la musique.

du revival punk ils sont passé à de la cold vawe, ressortant par la même occasion leurs vieux cartons poussiéreux d'anciens sons. on est bien dans une cave, les larsens sont omniprésents ce qui confère une ambiance psychédélique.
très sombre, il n'y a que peu de place à la pop, tant mieux, cependant la guitare est beaucoup moins intense, incisive qu'autrefois, dommage.

voici un petit aperçu de leur virage avec breaking fun#3, bon ok c'est un léger virage, ils ne se sont pas mis non plus à faire de la variété ou de l'électronique, mais quand même.
le titre comme la majorité de l'album s'articule donc autour de quelques rifts de guitare bien aiguisée, mais c'est tout en retenu, et on n'entend jamais vraiment d'explosions sonores.


rose red#7 un des titres les plus enjoués, plus tourné vers le punk de this gift de 2008, que vers mirror mirror, on aurait même pu croire à un titre de transition s'il n'avait pas été placé au milieu de l'album.
en tout cas les sons & daughters n'ont rien perdu c'est sûr, ils ont justes mis leurs acquis de côté pour mieux se tourner vers autre chose.


et cet autre chose pourrait bien être incarné par ink free#6 et sa rythmique binaire, pour ne pas dire monotone. toutefois le titre avance et gagne en crédibilité tout du long, le duo de voix tout en gravité fonctionne bien même si il plombe un peu l'ambiance pas bien joviale pourtant.

voilà même si cet album se fait déchirer par les critiques, à peine plus de 5 sur pitchfork (va percer aux states toi avec une note pareille. j'aime cet album et je l'écoute pas mal au final, et oui c'est plus viscéral, brutal, moins normés charts, du coup ça plaît moins au plus nombreux, enfin c'est ce que je me dis.

jeudi 21 juillet 2011

fink - perfect darkness


fink est revenu, vous pouvez le chanter, le louer, cet album est encore une fois une réussite.
perfect darkness en ferait presque oublier sort of revolution de 2009.
fin greenall a encore une fois signé son album chez ninja tune et nous a encore réservé un album folk teinté de sons vibrants.
sa guitare pincée est accompagnée de percussions précises et de temps à autre d'un piano assez discret et d'un nappage d'électronique quand ce ne sont pas des violons qui terminent les titres tout en puissance.


c'est mesuré, soupesé, tout en retenu et pourtant les titres arrivent à faire éclore une énergie qui fait chavirer parfois l'album sur du rock fin des années 2000.

l'ancien dj britannique (il est toujours anglais) nous livre une fois de plus un album poignant en toute simplicité. tantôt grave, tantôt satiné, perfect darkness est bien plus chaleureux que ne laisse entendre son titre.
voilà je ne vais pas épiloguer des heures, je rentre tout juste de vacances et je n'ai pour ainsi dire écouté que cet album.

tout l'album est superbe il m'a été difficile de faire un choix, mais voici who says#8 (que je cherche encore) et save it for somebody else#7.