mardi 3 juillet 2012

the black keys - el camino

et danger mouse a encore frappé, non pas que les blacks keys manquaient de talent et de fans, mais pour fêter leur seconde collaboration après attack & release de 2008, il n'a rien trouvé de mieux que d'accélérer la mue d'un groupe américain que la presse avait plutôt toujours bien noté.

déjà sur brothers (2010) on avait senti le début d'une nouvelle direction délaissant leur rock alternatif aux teintes blues grasses et saturées. changement pas franchement réussi, mais au final c'était reculer pour mieux sauter. car avec el camino de 2011 (quoi on est mi 2012??!!?, je vous rappelle que j'ai pas trop aimé brothers, on suit svp!) je trouve qu'ils ont touché au but.

el camino est le septième album du groupe, rien que ça, alors on peut penser qu'ils ont mûrement réfléchi leur nouveau son, et qui de mieux que danger mouse pouvait les y aider. faudra un jour faire un post rien que sur le monsieur, il a déjà pas mal de matière (poto de damon albarn dont il a produit plusieurs albums (damon days et the good, the bad & the queen), anciennement leader de gnarls barkley, production de modern guilt de beck du dernier de broken bells (voir ici) et instigateur des albums rome avec daniele luppi et dark night of the soul avec sparklehorse, dont j'ai déjà parlé ici et ici, je crois que avoir été complet).

mais revenons aux black keys, ils ont taillé leurs barbes hirsutes, ils mettent des chemises propres et en plus ils nous offrent (enfin nous ont offert l'année dernière) un album racé qui frappe où il faut. alors c'est sûr on ne retrouve plus trop le blues garage qui a fait le succès du groupe, mais au final et après plus de 10 ans d'existence on peut dire que le groupe a su avancer et s'affirmer comme une référence de la scène américaine.

le duo formé par dan auerback (guitare, chant) et patrick carney (batterie) a carrément arrondi les angles de sa musique brute originale. tout passe en souplesse, ils jouent facile ou en tout cas on en a vraiment l'impression. ajoutez à cela une rythmique maîtrisée de l'ami danger mouse et vous obtiendrez un album bourré de tubes en puissance.

l'album fait étalage du vécu du groupe et, comme je l'ai dit, de leurs nouvelles directives, on y entend ça et là des brides de glam de rythm'blues et beaucoup de rock alternatif. un beau mélange pas foutraque pour un sou, l'album est assez linéaire et par la même cohérent.

lonely boy#1 même si elle semble vraiment calibrée pour la radio, arrive toutefois à tirer son épingle du jeu de la facilité. le titre est rapide, incisif, la guitare est saillante et la batterie carrée, si avec ça on a pas un bon rock bien entêtant qui ne fait pas dans la dentelle, je rends mon tablier.



avec dead and gone#2 on retrouve un rock plus plaintif au refrain une fois de plus entêtant, ils savent y faire, pas de fioriture, la batterie martèle son rythme à grands coups de grosse caisse quand la guitare se la joue plus apaisée. c'est assez diabolique et on se retrouve très vite en train de battre le tempo.
d'ailleurs c'est une vérité pour beaucoup de titre tel le très groovy sister#7.

dans la série groove on retrouve nova baby#10 et son ton léger qui confère une joie béate et résume presque ce dernier album.



 enfin vous l'aurez compris ce el camino est enjoué, rythmé le tout sans qu'il ne se perde dans une mélasse trop pop, trop déjà vu.

vendredi 29 juin 2012

shearwater - animal joy


Ok j'ai eu un coup de mou et j'ai laissé passer pas mal d'album en ce début d'année et notamment le dernier shearwater.
depuis the golden archipelago de 2010, ils sont passés pour leur septième album chez sub pop, de là à dire qu'ils en ont profité pour signer un virage plus rock il y a un grand écart que je franchis allègrement.
le rythme est soutenu tout au long de l'album, il y a moins de pause moins de balade voluptueuse. animal joy fait la part belle à un rock énervé et presque urgent. c'est en soit presque une mini révolution, leur musique est toujours articulée autour de la voix de jonathan meiburg, laquelle est toujours aussi haute et prenante.

cependant les titres, à l'instar de animal life#1, même s'ils se différencient de leurs prédécesseurs, utilisent encore les bonnes vieilles recettes comme les arpèges et les montées progressives pour des refrains tout en puissance.

l'album est assez direct, ce qui est aussi une nouveauté, c'est peut-être dut au fait qu'ils aient mis leur folk un peu de côté et qu'ils jouent dans une filière plus connue, qui leur apportera je l'espère plus de reconnaissance.
car aussi surprenant que ce soit, ce groupe n'a toujours pas trouvé la reconnaissance qu'il mérite, encore une injustice dans ce bas monde.

sinon il faut écouter le second titre de l'album breaking the yearling#2, c'est un titre tout en finesse qui alterne entre montées toutes en retenues, descentes lancinantes pour se terminer en une explosion de guitares acérées. un savant mélange qui en fait depuis longtemps leur marque de fabrique.
c'est beau, ça pique au vif, ça vous hérisse les poils si tantinet que vous ne soyez pas imberbes (encore que), et vous êtes encore une fois transporté dans un bouillon rock moins folk et plus progressif.






dread sovereign#3, la suivante est plus calme, on est envoûté par ses lignes de guitares électriques et la voix du leader qui nous fait partager encore une fois toutes ses émotions.

j'écoute beaucoup l'album en ce moment, il se déguste d'une traite, il n'y a pas un titre à zapper, sinon le premier avec tout le recul que j'ai. j'adore particulièrement l'enchaînement de immaculate#6 et open your houses (basilik)#7. quand la première est urgente et va droit au but, la seconde prend des détours et prend son temps pour nous amener où elle veut.
la fin de l'album plus posée mais tout aussi prenante est encore de haute volée et fait de cet album un album complet avec un final de toute beauté et son titre star of the age#12.



alors si comme moi vous êtes passé à côté de cet animal joy, jetez vous y de suite, vous passeriez à côté d'un album solide qui restera j'en suis certain.

lundi 25 juin 2012

gravenhurst - the ghost in daylight


rebonjour, oui ça fait longtemps, bon du coup je vais profiter qu'il n'y ait plus personne sur ce blog pour chroniquer un album pas forcement simple et je posterais la prochaine fois sur radiohead, garbage, marylin manson et coldplay, enfin des groupes qui font du trafic.
le nouvel de gravenhurst (déjà rien que le nom) est un album qui demande pas mal de temps, un bon casque fermé pour ne perdre aucun accord et surtout du temps. the ghost in daylight est donc le cinquième album du monsieur et est toujours signé chez warp (la classe même si ce n'est pas de l'électronique, car comme disait le grand philosophe arnold etwilly : "il faut de tout pour faire un monde", ça marche donc pour les majors).

après cette belle intro, parlons un peu de l'album. the ghost in daylight est doux, presque fantomatique et ceux qui seront patient pourront se délecter des lignes de guitares électriques noisies de the prize#2) ou de l'électronique ambiante de islands#6. car si l'album est sur une base de folk avec des guitares acoustiques, nick talbot ne rechigne pas à aller voir ailleurs ce qu'il se passe. ce qui donne au final un album attachant qui se déguste sans modération. mes deux titres préférés sont des titres de huit minutes. et que ce soit fitzrovia#3 ou islands#6 ils sont tout en retenue et laissent derrière eux une impression de bien être. fitzrovia#3 est une balade acoustique ou se mêle des nappes d'ambiant en fond. le titre est planant et se termine par un long souffle plaintif, alors oui il faut aimer, mais on sent bien derrière tout le talent d'un homme à l'univers plus que fourni. vient ensuite un triptyque des plus intime avec carousel#5, islands#6 et the foundry#7. ces titres sont d'une étonnante simplicité et l'on se prend à rêver les yeux ouverts, projeté dans des limbes portés par la voix toujours au premier plan de nick.

voilà cet album est en haut de ma playlist et cela fait un mois que cela dure. avant de se quitter voici the prize#2 et islands#6.



lundi 14 mai 2012

santigold - master of my make-believe


santogold tout le monde s'en souvient, renommée santigold, santi white de son vrai nom revient avec un second album master of my make-believe. elle a pris son temps depuis santogold et reviens avec de nouveaux titres et un son qui a pas mal évolué. on sent que l'artiste n'a rien perdu de sa créativité et master of my make-believe le prouve.
nouvel album et nouvel entourage, avec karen o (yeah yeah yeahs) que l'ont entend notamment sur go!#1, le premier titre qui débute magistralement l'album, et les producteurs david sitek (tv on the radio), q-tip et nick zinner (yeah yeah yeahs).



la musique repose toujours sur du dub entremêlé de gros rifts de guitare bien incisifs à l'instar de desperate youth#2. les titres vont, viennent, sont toujours très bien écrits (notamment the keepers#9), les hits sont présents à l'instar de fame#4 ou encore the riot's gone#7, mais tout est policé, convenu et trop léché. on ne reconnaît plus vraiment santigold. du coup j'en reviens aux producteurs qui au final ne me semblent exempt de tout reproche.




c'est peut-être ce que santi voulait au final, mais je trouve cela un peu dommage, cela ne m'empêchera pas d'écouter l'album que je trouve bon au delà de la critique, mais que penser de desperate youth#2 qui me fait plus penser à un titre de tvotr avec un feat. de santigold que l'inverse. alors le titre déménage oui, et est franchement bon (mieux que les dernières créations de sitek en tout cas), tout ce que vous voulez, mais ce n'est pas santigold.

voilà l'album déménage, l'apport d'électronique est omniprésent, il y a très peu de relâche, on retrouve pas mal d'influences assez différentes, le tout étant cohérent. master of my make-believe est au final une machine, pas d'erreur sinon qu'il ne prend aucun risque et c'est un peu là que le bas blesse.
en conclusion c'est un bon album, mais il laisse un léger goût amer au fond des oreilles.

vendredi 27 avril 2012

blood red shoes - in time to voices


blood red shoes sort son troisième album, quelle forme, le tout en six ans, ça ne fait au final que peu de recul sur leur carrière qui s'étoffe petit à petit, mais qui s'étoffe sûrement.
bon je l'annonce tout de suite, j'adore ce groupe, surtout depuis que je les ai vu en 2008. je sais pas pourquoi spécialement eux, mais bon ils m'ont l'air sympa comme tout, pas mal drôle et d'un professionnalisme à toute épreuve.
et puis entendre un groupe qui assure autant avec seulement deux instruments et pas d'autre artifice, cela force le respect.




in time to voices et dans la continuité des deux autres, mais je préfère parler d'évolution, toutefois cette fois-ci on entend un piano ainsi que des cordes. car leur musique si elle est encore parfaitement reconnaissable, on y entend de nouveaux sons.
leur musique est toujours assez peu minimaliste compte tenu du fait qu'il n'y a qu'une guitare et une batterie. les chants fonctionnent toujours aussi bien, tout est impeccable. cet album est plus que maîtrisé, un peu trop peut-être et ce sera la seule critique.
car à l'instar de beaucoup de groupe, arrivé un moment, l'effet de surprise étant passé depuis fort longtemps, il ne reste plus que l'exécution et la créativité pour se démarquer.

in time to voices s'en sort parfaitement. les titres sont moins pêchus, mais plus recherchés, moins bourrins (quoique pas tous) et plus introspectifs. au fil des titres, l'album se créé son propre univers, a l'instar de two dead minutes#4, un titre tout en retenu qui nous montre une nouvelle facette de nos petits anglais.
au delà de tout ça, il reste des relents d'énergie brute, des sons garages chers aux deux premiers albums, et the silence and the drones#5 arrivent en ce sens à faire la synthèse. le titre débute calmement sur des accords acoustiques de guitare avant qu'il ne se structure pour finir en apothéose avec toute l'acidité électrique que l'on leur connaissait.




c'est à ce moment que l'on se dit que leur énergie, si elle est encore présente, est maintenant canalisée. et bien c'était avant d'écouter le très rectiligne je me perds#7. une minute et demie de pure folie. de chants hachés, criards, d'une guitare acérée et surtout d'une double pédale monumentale à en faire pâlir de jalousie le batteur de def leppard.



l'album reprend ensuite là où il s'était arrêté, soit dans l'alternance de moments calmes et plus brutaux, de sons léchés et d'autres plus garage.
un savoureux mélange qui ne fait que renforcer pour moi ce que je pensais depuis longtemps. blood red shoes et un groupe avec lequel il va falloir compter.

en plus voici cold#3, le single de l'album, un petite réussite également.

vendredi 20 avril 2012

the chap - we are nobody

 joli contre pied que ce we are nobody. déjà l'album sort quelques mois après une compilation nommée we are the best, mais le contre pied est vraiment consommé au niveau musical.
the chap groupe britannique ne fait désormais plus de punk rock, leurs sons sont moins foutraque, ou plutôt les mélanges sont beaucoup plus lissés, de quoi toucher un plus large public.
toutefois l'album n'est pas forcement facile à écouter mais ce n'est plus un ovni tels que pouvaient l'être ham ou the horse.

bizarrement, ils sont restés fidèle à lo recordings, ben ouais je m'explique, généralement quant un groupe sort un best of (we are the best de 2011) c'est qu'il clôture son contrat, et j'avoue que je les voyais bien poser leurs platines autre part.

sinon la musique dans tout ça, j'avais été un peu déçu par well done europe de 2010, et c'est avec grand bonheur que je renoue avec the chap. we are nobody bien que léger, est pas mal barré.

l'album plane sur de la pop expérimentale on va dire. tout est très bien structuré, il n'y a plus de place à l'improvisation, tout est sous contrôle, y compris les passages expérimentaux et les petits sons farfelus qu'on leur connaît et qui leur vont si bien.
les chants embrassent parfaitement les mélodies, et, que ces dernières soient cristallines ou boiteuses (car tout ne sonne pas juste, encore heureux) les titres raviront la plus part des fans.
ben oui c'est plus comme avant, mais il faut bien avancer. et après un rythm king#1 aux allures étranges, what did we do?#2 donne le ton à l'album. on retrouve une fois de plus des sons désaccordés, mais le titre ne se focalise pas dessus et avance à vive allure.



l'écriture a changé je trouve, elle est plus léchée, voire mieux écrite tout simplement. le tout pour faire de ce we are nobody un album solide, de qualité moindre que mega breakfast (faut déconner non plus), mais qui va tourner indéniablement sur mes lecteurs.

car les pépites sont belles et bien présentes, de what did we do?#2, à running with me#9 en passant par better place#3, il y a de quoi en ravir plus d'un.
personnellement je suis sous le charme de hands free#6, on ressent de l'urgence, une envie d'avancer rapidement pour ne pas avoir de temps mort, ce titre est survolté et terriblement électrique. au beau milieu d'un album pop enchantant et enchanté, c'est bon ce nouveau revirement.



voilà the chap ne cesse une fois de plus de se faire plaisir, et surtout de nous faire plaisir.

lundi 2 avril 2012

mark lanegan - blues funeral


et qui revoilà en ce moment, mark lanegan lui-même sort un nouvel album, en solo cette fois.
on ne présente plus mark lanegan, il a tellement fait et apporté que son oeuvre est assez colossale, il est un peu l'oncle que tout le monde voudrait avoir, il connaît tout le monde était là à tout les bons coups, des screaming trees au milieu des années 80 à aujourd'hui, je n'ai pas recensé une seule faute de goût. cela fait presque 30 ans qu'il bourlingue sa magnifique voix sur différents projet et comme à chaque fois il s'en sort magistralement.

et donc huit ans après l'exceptionnel bubblegum, il revient seul pour nous planter un album d'une grande richesse musicale. blues funeral est plus posé, les titres sont voluptueux et se savoure sans modération.
il débute avec the gravedigger's song#1, et rien que par ce titre, mark fait la différence. je ne vais pas rajouter encore des superlatifs, je vais commencer à en manquer, mais ce titre est vraiment une tuerie, je pourrais l'écouter en boucle toute la journée, en plus je trouve qu'il fait un peu le lien avec bubblegum.



car ensuite l'album voltige sur des ambiances plus douces qui font encore la part belle à sa voix. le rock stoner brut de décoffrage qu'on lui a connu est mis de côté, et on a plutôt droit à des mélodies distordues, sales qui sentent le souffre. l'univers du bonhomme est grand et blues funeral nous fait presque découvrir une nouvelle facette du songwritter qu'on lui connaissait moins, enfin au final le résultat est au rendez vous et blues funeral est encore un grand album.
alors il est sûr que les fans des débuts pourraient ne pas s'y retrouver, mais ben franchement je ne trouve rien à redire. l'album est envoûtant, très bien produit bien qu'un peu long, mais on ne va pas râler pour si peu.


voici pour finir tiny grain of truth#12 qui clos cet album tout en finesse, tout en poésie, une fois de plus du grand mark lanegan.





j'aurais pu citer d'autre titres, mais je vous laisse la surprise, en tout cas moi j'ai déjà la galette chez moi!! merci pour tout grand maître.