dimanche 8 mai 2011

Résumé des épisodes précédents

Le temps passe, les albums aussi, et je n'ai pas eu le temps d'en parler ici. J'opte donc pour la manière expéditive avec ces brèves qui ne sont pas des chroniques de disques, mais autant d'invitation à les écouter ou les brûler. Certains seront d'ailleurs sûrement chroniqués par Arnok, vous en saurez donc plus.

Saul Williams - Volcanic sunlight
On commence avec du gros. Au rayon slam nous on a Grand Corps Malade, à New York ils ont Saul Williams. Le gars nous a déjà pas mal impressionné en trois albums énervés, inventifs, géniaux dont un produit par Trent Reznor et distribué en ligne. Là changement de décors, retour chez une major (Columbia/Sony), jaquette flashy, titres dansants frisant la niaiserie... Déception. Je retiendrai seulement Girls have more fun, bien rigolo.



Connan Mockasin - Forever dolphin love
Bonjour, je porte un nom de godasse et j'ai fusionné avec Smashing Pumpkins (moi aussi je parle du nez), David Bowie (je plane), et Beck (j'aime les 90's). J'aime pas tout l'album mais ce titre me plait beaucoup. à explorer.



Seun Kuti & Egypt 80 - From africa with fury rise
Ouais OK pas longtemps c'est promis. Juste pour signaler la sortie du second album du dernier fils de Fela Kuti, c'est toujours très bon, ça fait remuer son popotin et ça colle le smile. En voilà un qui ne sera pas chroniqué par Mr Whistlewolf ou Arnok ;)




Pantha du Prince - XI versions of black noise
Pas facile de s'attaquer à ce qui fut certainement le meilleur disque de sa catégorie en 2010... Black noise était un monument de délicatesse de finesse et d'unité, alors même s'il peut paraître tentant de le passer à la moulinette du remix, les 11 gaziers qui s'y sont frottés auraient mieux fait de se casser une jambe. Oui, toi aussi Four Tet, tu peux remballer ton barda et filer dans ta chambre. Même vous Animal Collective, il sert à rien ce morceau. Circulez, ya rien à voir.


The Kills - Blood pressures
Un des albums que je redoutais vues les trop nombreuses déceptions des dernières semaines. Arnok vous en dira sûrement plus mais pour ma part mes craintes sont dissipées. Blood pressures est moins brut, moins immédiat que ses prédécesseurs, comme si les choses à dire de but en blanc avaient déjà été dites. Ici le propos se fait plus nuancé dans les mélodies et il faut dire que The Kills prend ce virage avec talent.



Earth - Angels of darkness, demons of light I
Mine de rien j'aurais vraiment beaucoup écouté the bees made honey in the lion's skull. C'est donc avec grand intérêt que je me jette sur ce nouvel opus qui semble initier une série. Drone, post rock, morceaux entre 7:30 et plus de 20 minutes, mais aussi introduction du violoncelle. La recette est bonne, ceux qui comme moi aiment regarder le plafond y trouveront leur compte.



Bibio - Mind bokeh
Fallait en parler, ça me permettra de réaffirmer que je ne dis pas que du bien de ce qui sort chez Warp. L'enfant prodige s’apprête a réitérer l'exploit, tout le monde a les yeux rivés sur lui, il gravit les marches du plongeoir, s’élance, et prend un plat monumental. Une des plus belles bouses du label, c'est laid, ça pue le funk electro rose bonbon, ce disque donne des convulsions. à mort.



Voilà, comme vous le voyez je me suis laissé le temps d'une argumentation construite et objective, et je sais que c'est pour ça que vous êtes au moins deux à nous être fidèles.

The Beastie Boys - Hot sauce commitee part two


Ne cherchez pas la part one, elle a été annulée suite au cancer de la MCA qui s'en est remis et a renvoyé tout le monde en studio à sa guérison. On avait pas entendu les "3 MC's & 1 DJ" depuis 2004 et leur album hommage à NYC, et malgré les années et les albums, le résultat est là. Cette galette ne ternira pas l'image immaculée des beastie. On pourrait dire "quoi ? encore un énième album des beastie ?", et j'avoue que j'ai été tenté de l'aborder comme ça. Oui mais non, cet album est utile, et les beastie continueront longtemps à représenter un îlot de crédibilité au milieu d'un rap qui n'en finit pas de se vautrer dans ses clichés.


On y retrouve le groove de Check your head (make some noise, nonstop disco powerpack), on y bidouille de l'electro (OK), on y invite du gros rappeur tout pourri (too many rappers -feat Nas), on s'en roule un gros avec Santigold, on s'essaye même sur des instrus sombres (long burn the fire), on se la joue punk en ressortant les guitares...



Bref, un concentré des classiques des beastie mais avec suffisamment de nouveautés saupoudrées pour maintenir l’intérêt du B-boy que vous êtes. On se quitte avec Fight For Your Right (Revisited), un film croustillant de oscilloscope laboratories, organe officiel de la propagande beastienne.

jeudi 5 mai 2011

unkle - only the lonely


unkle, je n'attends pas forcement qu'il sorte un nouvel album de génie depuis bien longtemps, malgré tout je continue d'écouter ses nouvelles galettes tout en faisant le tri. et j'ai eu bien raison de jeter une petite oreille sur l'ep only the lonely, 5 titres si on omet le dernier qui n'est autre que la version radio de money and run.

money and run
#1 donc (en écoute dans le lecteur ci-contre), avec la voix de nick cave, est un bon titre rock psyché, c'est pêchu et ce titre démontre que unkle voit plus loin que l'électronique tout en restant créatif.

un peu plus vers ses horizons, the dog is black#2 avec liela moss est un joli voyage haut dans les sphères, à base d'ambient le titre mêle également de petits rifts de guitare acérée, ça bouge bien on en redemanderait presque.

mais c'est avec only the lonely#3 que james lavelle me surprend le plus, un titre dub comme annoncé dans le titre et une nouvelle ambiance. c'est instrumental, le tempo est linéaire et ne décroît jamais, on avance et les sons s'ajoutent petit à petit, au final je me retrouve conquis.



les deux autres titres wash the love away#4 et sunday song#5 reprennent un peu ce qui a déjà été vu, à savoir le psyché d'un côté et l'ambient de l'autre, mais tout s'écoute en souplesse, c'est tout doux, il n'y a jamais de titre en rupture, dommage cela aurait été intéressant, mais bon on peut dire qu'unkle sort enfin un petit ep aux oignons, à écouter donc.

en tout cas après where did the night fall (dont j'ai déjà parlé ici) et autre war stories, unkle remonte la pente, allez faut continuer comme ça.

vendredi 29 avril 2011

tv on the radio - nine types of light


alors le dernier tv on the radio??? vous en pensez quoi?
je sais que beaucoup ont quitté le navire après dear science, et je ne suis pas sûr que ce dernier opus puisse raisonner les divergences.
après un travail incroyablement long, presque de l'acharnement devant l'incompréhension de la première écoute, j'en viens finalement à me demander si cet album n'est pas meilleur que son prédécesseur.

j'étais pessimiste, très pessimiste, notamment après l'écoute, il y a quelques semaines, du titre will do#6.
un titre qui siérait mieux à un quelconque groupe venu jouer le top des hits parades et se mélanger à la faune et la flore musicale pour un seul titre. c'est plat, c'est déjà vu, ça ne sert à rien. et on peut presque en dire tout autant de la moitié de l'album.
de keep your heart#2 à will do#6, je n'ai rien entendu de vraiment bien qui sorte du lot, enfin de tv on the radiophonique. alors plus je les écoutent et mieux ils passent mais je préfère rester sur ma première impression les concernant.

et puis à côté de ça, j'ai appris à apprécier des titres comme caffeinated consciousness#11 ou second song#1 qui sont rapidement devenu imparables.
à fond dans mes écouteurs intra-auriculaires pour rendre les basses encore plus puissantes (la faim de basses justifiant les moyens), en tout cas la fin de l'album devient jouissive.

ce cinquième album est assez improbable, bon déjà il était un peu inattendu, sitek ayant déménager de l'autre côté des états-unis et tout comme adebimpe menant d'autre(s) projet(s) de front.
mais il est à 2 vitesses, new cannonball run#7 faisant resurgir des ambiances que l'on ne pensait plus entendre un jour de leur part.
oui c'est gras, autant pour les rythmiques que pour les lignes de basses qui déchirent. un son cher aux adorateurs de desperate youth, thirsty babes.

à côté de ça je recommande également repetition#8, c'est un titre plus dans le son actuel du groupe, il est nerveux, agressif, non franchement ils auraient calquer le début de l'album sur ce titre.

plus qu'un album, nine types of light est également un petit film regroupant les titres, leurs clips ou effets visuels associés, ainsi que des interviews de new-yorkais.
le tout sous la houlette de tunde adebimpe, c'est original, mais au final cela ne change pas l'impression que j'ai de l'album et je reste partagé, faut dire qu'il ne me reste presque qu'une moitié d'album.

jeudi 28 avril 2011

p.j. harvey - let san francisco shake



p.j. harvey
en plus de faire de bons albums, sait faire plaisir à ses fans. son live à san francisco du 14 avril dernier et en écoute intégrale sur le site nrp (la radio nationale américaine), vous pouvez également télécharger gratuitement une version réduite comportant bon nombre de titre figurant sur son dernier album et let england shake.




c'est par là. je vous recommande l'écoute, car en plus d'anciens titres joués façon dernier album, ce set réserve quelques petits bijoux. et puis toute son équipe l'accompagne, franchement un bon moment!

un petit aperçu!



la playlist du concert.

01 Let England Shake
02
The Words That Maketh Murder
03
All & Everyone
04
The Guns Called Me Back Again
05
Written on the Forehead
06
In the Dark Places
07
The Devil
08
The Sky Lit Up
09
The Glorious Land
10
The Last Living Rose
11
England
12
Pocket Knife
13
Bitter Branches
14
Down by the Water
15
C’mon Billy
16
Hanging in the Wire
17
On Battleship Hill
18
The Colour of the Earth

encore :
 
19 Big Exit
20
Angelene
21
Silence

Hebdromadaire #18 (1711) - HORSE The Band - Earth Tour DVD


Horse The Band, pour les néophytes c'est un groupe californien qui existe depuis une douzaine d'années et pratique un hard-core teinté de très jolies nappes de clavier.

A ne pas confondre avec le groupe de chaipasquoi blues Band Of Horses.

On leur colle volontiers l'étiquette "Nintendo-core" car leur claviériste, outre le fait d’être le sosie de Jon Hender dans Napoléon Dynamite, incorpore entre autres des mélodies 8 bits toutes droits sorties de la NES.

Horse the Band a monté en 2008 la plus grosse tournée mondiale DIY qu'un groupe pouvait rêver, jugez plutôt:

45 pays traversés en 90 jours
4 continents
75 concerts dans 37 pays

Il y a un même un site commémoratif avec tous les détails

A l'époque leur épopée nous fit l'honneur de passer par Toulouse et je garde un souvenir ému d'une discussion échangée avec leur guitariste au Caravan Serail. Le plus intéressant c'est que cette tournée a été documenté par un réalisateur qui les suivit dans leur odyssée, résultat après 2 ans de montages et de post-prod:
Un coffret de 7 DVDs comprenant le résumé de la tournée en 10.5 heures , un album photo de la tournée auquel s'ajoute quelques authentiques artefacts de la tournée, l'objet fut tiré a 500 exemplaires et n'est hélas plus disponible à la vente.

Par chance le groupe décida de mettre les 7 DVD a disposition de tous via un torrent et vous invite si vous le souhaitez comme j'ai pu le faire, a effectuer une donation via paypal car cette aventure, toute épique qu'elle soit leur aura coûté un bras.

Voici le trailer des DVD



Plutôt alléchant non, alors qu'est-ce qu'on voit dans ces 10.5h de DVD, outre les extraits de concerts, les traditionnelles beuveries et autres galères d'artistes indé en tournée?

Figurez-vous qu'une fois les 10.5 heures de visionnage effectuées, on a l'impression de s'être approprié une partie du groupe et de connaitre un peu personnellement chaque membre du groupe.

Là ou le cinéma par exemple pêche par manque de temps et ou la psychologie des personnages n'est jamais vraiment approfondie, dans le cadre de cet exercice c'est tout le contraire. On découvre les points forts, les failles et les contradictions de tous les personnages pendant ce tour du monde. Les tensions, les coups durs, les moments de solidarité, toute la panoplie d'émotions humaines y est. Ça les rend attachant , ça donne un côté humain au documentaire rarement ressenti dans les autres documentaires que j'ai pu voir dans le passé.

De discussions existentialistes (notamment à Ankara) aux grands moments de solitude, les acteurs du film se réalisent eux-même pendant la tournée, et le fait de sortir de leurs USA et de voir ce qui se passe ailleurs les amènent à se poser beaucoup de questions.

Aux dernières nouvelles le groupe avait mis sur pied une tournée de 6 dates en 2010 en Afrique du Sud et au Mozambique.

mercredi 20 avril 2011

timber timbre - creep on creepin'on



j'en remet une couche avec le nouvel album de timber timbre. j'étais déjà sous le charme de l'opus précédent de 2009 que je n'ai découvert qu'en début d'année. une fois de plus je ne saurais que louer le talent de ce groupe canadien qui sort déjà son quatrième album creep on creepin'on.
tout vous transporte dans un autre monde, aussi bien sur le plan musical qui renferme leur univers bien propre baigné de folk, que sur les ambiances qui paraissent assez étranges tant elles sont d'un autre temps.


le groupe de taylor kirk revient une nouvelle fois avec son rock folk/blues, mais ce dernier par rapport à leur album éponyme timber timbre de 2009 est encore plus lointain.plus sombre également à l'instar des titres instrumentaux obelisk#2 et swamp water#5.

creep on creepin' est joué avec toute la panoplie des instruments aujourd'hui peu ou plus utilisés. avec leurs guitares baritones, lap steel, leur autoharpe, leur clavier clair ainsi que leurs violons, le groupe imprime un rock très années 50/60. une ambiance désuète qui permet à creep on creepin'on de se démarquer un peu plus de son prédécesseur.

ils vont encore plus loin et ne tombent jamais dans la facilité, voilà qui a tout pour me plaire. pour la petite histoire sachez que l'album a été enregistré dans une petite église du québec transformée en studio d'enregistrement et propriété d'arcade fire.

je trouve cet album moins linéaire que le précédent et bien plus puissant. cet album a un petit truc en plus, l'ambiance sombre et pesante, ligne de conduite de l'album, contraste magnifiquement avec d'autres passages beaucoup plus légers.
woman#6 en est le parfait exemple, avec le clip officiel s'il vous plaît.



dans un autre registre (enfin un autre!) do i have power#9. ce titre est tout en volupté, l'ambiance est cette fois-ci très mélancolique, un saxophone au timbre (ah tiens!) lugubre fait son apparition, il prend au corps et donne à ce titre un peu timide au début, un final dantesque.



une fois de plus timber timbre nous amène pour un grand voyage, vous n'avez plus qu'à prendre votre ticket.