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dimanche 27 juin 2010

Panda Valium - Bubo


J'en étais à me demander ce que les Chemical Brothers auraient pu avoir à dire en 2010 (ici), et bien voilà, j'ai trouvé. Panda Valium est basque, du côté français. Il nous sert un mélange de techno / dance / big beat / IDM / dub step qui remet au goût du jour les sonorités de la fin des nineties, avec quelques-uns des artifices récents. Il en ressort l'énergie dansante et positive des frères chimiques, la poésie d'un Plaid ou Boards of Canada, et les sons pointus et la basse que l'on aime dans le dub step. Qu'on ne vienne pas me parler de French Touch pitié. Il m'a fallu quelques écoutes avant de comprendre ce que ce disque avait à m'offrir, et il est évident que j'ai bien fait de persévérer. En fait j'y suis pour rien, il s'est imposé à moi tout seul. Aucun morceau n'est à jeter, ce Bubo c'est vraiment le Chemical Brothers de 2010. D'ailleurs si ce disque avait été signé par eux on aurait parlé d'un renouveau.


Ellen Allien - Dust


Je me posais la question l'autre jour à propos du nouvel album des Chemical Brothers : Further. Qu'ont les Chemical à dire en 2010 au vu de ce qu'ils ont déjà produit et de ce qu'est devenue entre temps la musique électronique. La réponse étant assez rapidement tombée : pas grand chose. le musicien electro est un animal adapté à son environnement sur une période assez courte vu la vitesse à laquelle celui-ci évolue.

Bien que de la génération suivante, la berlinoise à tout faire Ellen Allien commence déjà à avoir une bonne quinzaine d'années de service, et le fantastique Statkind date déjà de 2001. Berlinette (2003) et Thrills (2005) ont aussi fait leur effet, mais Sool (2008) avait surpris par son aspect très minimal et peu maitrisé. La faute peut-être à cette vie dispersée, le label Bpitch Control à faire tourner, plus pas mal d'activités annexe...

Alors qu'a Ellen Allien à dire en 2010 ? Ben pas grand chose, j'ai eu beau écouter ce disque en long et en large pour en tirer un jugement définitif, mais aucun morceau ne ressort vraiment à part Should we go home, un bijou de noirceur.



Dust n'est pas mauvais, il est même assez agréable. Le problème, c'est que rien ne ressort vraiment. On est toujours dans le son techno à la Bpitch, avec quelques apparitions de guitare. Une nouveauté qui la rapproche des Chemical Brothers même si elle n'en fait pas le même usage et qu'on est loin du big beat. Après un certain temps, il est nécessaire de s'évader des contraintes de la musique électronique ?
Non, Dust n'est pas mauvais, mais il sonne comme un album de plus, produit parce qu'il faut. On sait que la grande prêtresse de la musique électronique allemande vaut mieux que ça.

Dust ne passera pas à la trappe comme Sool, mais ne restera pas non plus dans les anales. Moins minimal, mais il donne envie de réécouter Stadtkind ou le phénoménal Orchestra of Bubbles avec Modeselektor...

dimanche 16 mai 2010

Caribou - Swim

L'ancien Manitoba avait changé de nom sous la menace d'un procès de la part d'un homonyme et faisait de la folktronica / electro fourre tout que j'aurais rangé sur la même étagère que Four Tet, bien que pas tout à fait, mais bon on se comprend. C'est au cours d'une rencontre avec un ours dans une prairie canadienne, lis-je dans un magazine, alors que Dan Snaith est gentiment défoncé à l'acide, qu'il se voit imposer ce nouveau nom par son ami à poils. On ne refuse rien à un ours. Pour en faire quoi ? Le fantastique The milk of human kindness en 2005 que j'écoute encore, puis Andorra en 2007 dans un délire plus folk hippie et homogène, et ce Swim en 2010. Déjà Andorra m'avait déçu par son manque d'originalité, là ou l'album précédant excellait justement. The milk of human kindness abordait pas mal de styles avec une maitrise à chaque fois ahurissante.

Qu'en est-il de Swim ? On change totalement de délire. ça commence par Odessa, moi qui exècre la disco je dois dire que c'est un coup dur... Sun enchaine sur un ton plus house avec des nappes plutôt bonnes, et vient Kaili. Là on commence où Caribou veut en venir. C'est le moment fatidique où il va falloir décider si on sera en mesure d'accepter cette voix de castrat pénible, ou de jeter ce disque aux toilettes. Sur Kaili, on sent remonter toute l'historique de Caribou, le résultat est déroutant et assez fascinant. Puis vient Found out. Plus noir et sombre, une guitare, des sons durs qui contrastent avec cette voix fragile et délicate.



Le reste de cet album continue d'osciller entre house, pop et acoustique, presque toujours chanté, dans un univers qui ne manque pas de personnalité. Moi qui n'ai pas la culture "clubs", je dois avouer qu'il m'a fallu pas mal insister avant d'en tirer du plaisir. Mais l'effort en valait la chandelle, ma fameuse playlist s'est enrichie de trois titres mémorables dont Leave house, avec son rythme hypnotique et sa mélodie à la flûte.



Un album étonnant.