On vit une époque formidable. On a accès à toute la musique qu'on veut, les musiciens aussi, s'appuient sur ces nouvelles références pour créer, enrichissent les références des auditeurs qui sont désormais prêts à entendre ce qui était il y a peu passible d'excommunication. Les techniques de production se standardisent, s'échangent, les barrières sautent et les extrêmes tendent à se rejoindre. Oui mais alors comment faire la différence entre les deux catégories de musique principales : la bonne et la mauvaise ?
S'il vous plait, ici on est pas là pour faire dans les bons sentiments, vous ne m'enlèverez pas de l'esprit qu'il existe de la mauvaise musique, toute mauvaise foi mise à part. D'ordinaire un bon indice réside dans la façon dont un disque est conçu. Le but c'est quoi ? Me faire plaisir en tant qu'artiste et exprimer quelque chose, ou tout simplement nourrir l'auditoire comme on gave une oie avec la recette qu'il aime dans le but d'en retirer quelque subside. Mais on est d'accord, on écoute pas tous la musique dans le même but et on y recherche pas tous la même chose.
Pour illustrer mon propos, le mieux c'est l'exemple. Prenons le dernier Yeasayer.
Sur ce titre tiré de Odd Blood paru aujourd'hui, on s'approche de très près de ce qui constitue l'abomination ultime en matière de musique (vous en conviendrez chers lecteurs), le r'n b. Notez l'absence de majuscule. Pourtant j'aime ce morceau.
Et maintenant prenons un truc au hasard, Stillness Is The Move de Dirty Projectors (que je ne connais pas)
Là dedans, on entend une nette tendance r'n b, du vocoder, on aperçoit une ébauche de chorégraphie à deux balles, bref on est pas loin de la bande son d'un magasin de godasses.
Et pourtant, de proche en proche, j'en viens à tolérer ces trucs là. Je vais même me chopper ce disque pour approfondir un peu.
Chaque artiste créé un univers propre (plus ou moins) auquel il tente de nous faire adhérer. Si on est "prêts" ça marche, sinon on passe à côté et il faudra y revenir plus tard. C'est vrai pour la peinture et le cinéma, la littérature ou autre.
Bref on vit une époque formidable mais dangereuse, la frontière entre le bien et le mal est de plus en plus ténue. Mais c'est peut être pas un mal après tout, si l'underground recycle la variet' et inversement, ça pourrait bien tous nous tirer vers le haut. Mais je flippe un peu quand même...
mardi 9 février 2010
Considérations d'ordre général à l'usage du mélomane
Publié par
dataichi
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arts et culture,
pop
#144 courtney love - nobody's daughter
Publié par
arnok
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alternatif,
rock

je ne suis pas un grand fan de hole et de madame love, cependant après l'écoute de nobody's daughter je suis plutôt conquis. conquis oui mais partagé, car tout l'album n'est pas pour moi, certains titres sont sans intérêt alors que d'autres sont vraiment très bien.
en tout cas c'est une courtney reposée que l'on retrouve cette fois-ci, l'album est calme, limite folk par moment mais le bas blesse quand les titres pataugent dans le niaiserie, aucun intérêt donc comme je disais. à côté de ça on retrouve des titres vraiment accrocheurs, la veuve de cobain sait encore y faire par moment, surtout quand on sait qu'elle a mis 6 ans pour sortir son nouvel album et que ce dernier sort en même temps que le live à reading de feu son mari, un petit coup marketing de derrière les fagots, les anti courtney trouveront pas mal de grain à moudre là dessus.
mais revenons à l'album, je n'épiloguerai pas longtemps, juste pour vous présenter les titres que j'ai retenu.
tout d'abord stand up motherfucker#4, entre post rock et grunge on retrouve la voix tiraillée de courtney, un régal il faut bien l'avouer.
et surtout dirty girls#6 et ses guitares élec beaucoup plus présentent que l'on ne retrouve pas trop sur l'album. ce titre aurait pu être la propriété de p.j. harvey, en tout cas il m'y fait penser et c'est peut être pour cela que j'adore ce titre. et puis il a le don de réveiller un peu et se démarque donc.
bon ok il y en a d'autres, mais je ne vais pas faire tout le boulot, je vous laisse donc le soin de vous faire votre petite idée en vous mettant toutefois en garde contre les pièges.
dimanche 7 février 2010
Blood Red Shoes - Light It Up
Publié par
dataichi
Libellés :
alternatif,
concert,
rock
Nouvel album du duo de Brighton prévu pour le 1er mars (Fire like this), en concert le 15 avril au Nouveau Casino à Paris. Qui vient avec moi ?
mardi 2 février 2010
#143 owen pallett - heartland
Publié par
arnok
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baroque,
expérimental,
indie
owen pallett a récemment perdu les droits sur son nom final fantasy et c'est donc sous son vrai nom que sort son troisième album heartland.enregistré au greenhouse studio de Reykjavick, le petit dernier de mon violoniste préféré est une nouvelle fois une tuerie, ce mec est un génie, en toute simplicité.
sur ses albums précédents, il jouait du violon ou du piano et rebouclait électroniquement ses morceaux pour donner du corps, cette fois-ci même si il y a toujours autant d'effet loop ou autres, pas la peine d'en faire trop devant la multitude d'harmonique qu'offre l'orchestre ; les cors, violines et autres instruments à vent s'en donnent à cœur joie.
un album de owen pallett, cela ne s'écoute pas simplement cela se déguste, les sons, des plus limpides aux plus sombres, se croisent et s'enlacent sans qu'un couac n'apparaisse, on sent bien toute la maîtrise de l'arrangeur sonore d'arcade fire et grizzly bear entre autres. l'album est très pointu, rien n'est laissé au hasard, les arrangements sont super précis, les solos d'instruments sont toujours de hautes volées, le tout laissant une impression d'extra-terrestre.
d'extra-terrestre car comme ses deux prédécesseurs, cet album est inclassable, d'un classicisme baroque très contemporain, c'est l'addition de nappes d'électroniques qui laisse pantois.
très aérien cet album ne cesse de prendre à revers pour plonger dans des abysses encore vierges. owen sait tout faire, il est tout seul sur scène là où on pense voir une troupe bien étoffée, oui c'est un groupe à lui tout seul.
sa voie claire ne tiraille jamais, c'est assez impressionnant d'écouter sa maîtrise dans les aigus.
d'ailleurs le voici en pleine performance sous des conditions climatiques assez gênantes. le titre se nomme lewis take off his shirt#5.
son univers est vraiment particuliers et bien à lui comme l'en atteste flare gun#9, il use de pédales, d'effets en tout genre, et vous noterez l'architecture du titre et comment il se débrouille pour que personne ne remarque l'absence d'un groupe qui serait inutile... magnifique!!!
c'est simple owen pallett est au dessus de tout entre ciel et terre, entre passé et futur, tout ce qu'il touche il le rend intéressant, la preuve tout en second degré avec ce simple titre de mariah carey.
dimanche 31 janvier 2010
Four Tet : There is love in you
Publié par
dataichi
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electronica
Cinq ans sans album, c'est long même si on a eu pas mal de live, remix et autre collaborations à se mettre sous la dent. Le britannique Kieran Hebden peut se vanter d'avoir créé son propre univers dans l'élecro, un de ceux que l'on identifie du premier coup. Sa façon de mêler des sons acoustiques et autres enregistrements dans ses loops m'a fait pas mal voyager ces dix dernières années. On nous avait annoncé que Four Tet allait quitter la chaleur de ses précédentes créations pour se tourner vers l'electo pure, house voir minimal, j'en ai fait des cauchemars. Que propose ce There is love in you au final ? Il faut avouer que les premières écoutes font mal. C'est vraiment parce que c'est Four Tet que j'ai insisté, j'ai eu du mal à dépasser ma déception initiale.
Cela dit à bien y réfléchir, les éléments principaux de ce qui fait un album de Four Tet sont là, d'une façon ou d'une autre. Ce disque est donc plus froid que les précédents, mais c'est indubitablement du Four Tet. Loin d'approcher la magie de Pause ou Dialogue, mais peut être plus subtil. Kieran Hebden est en tout cas un artiste génial, j'en reste convaincu.
NIN: Another Version of the Truth: The Gift
Publié par
dataichi
Libellés :
electronica,
indus,
metal
On aurait pu s'attendre à ce que Nine Inch Nails sorte un DVD officiel de la tournée Lights in the sky avec un beau produit à mettre en rayons, comme ce fut le cas avec Beside you in time. Puis on se souvient des 400Go de vidéo live mis à disposition de la communauté il y a un an, voilà donc le résultat. Un collectif de la communauté NIN qui répond au nom de This one is on us a digéré puis régurgité il y a quelques semaines un live de grande qualité à télécharger gratos, comme une réponse au "this one is on me" lâché par Trent Reznor en 2008 alors que son dernier album The Slip était distribué en ligne lui aussi gratuitement. C'est par ici que ça se passe, avec un large choix de formats pour le jouer sur ton iPod ou pour le graver sur un DVD double couche. Une version blu ray de 25Go est en route, vivement.Tiens pour la route :
Ah j'oubliais, il reste encore de belles pièces de collection sur la boutique ebay de NIN, si vous voulez vous offrir une gratte de la dernière tournée. Si vous cherchez une idée cadeau pour moi, voilà un indice.
samedi 30 janvier 2010
The Kilimanjaro Dark Jazz Ensemble - Here Be Dragons

The Kilimanjaro Dark Jazz Ensemble qu'on a pu croiser aussi sous le nom de The Mount Fuji Doomjazz Corporation ne vous trompe pas sur la marchandise. Il y a du jazz et c'est dark. Alors si vous avez un coup de mou, passez votre chemin. Rien dans cette perle noire ne vous remontera le moral. La beauté des cordes, la délicatesse des percussions, et une production bien dosée permettent à ces hollandais de construire un univers dans lequel l'auditeur sombre sans espoir de retour. L'acoustique est parfois accompagnée d'éléments indus, electro et post rock, mais toujours en retrait. Ajoutez à cela une délicate voix féminine et on obtient un résultat qui évoque Portishead dans la mélancolie, la noirceur et la beauté. Et cet artwork digne de Le Caravage...
Ci-dessous, Embers, un des plus beaux titres de l'album et un des plus faciles à isoler du reste. Mais ce disque s'écoute en entier et de nuit de préférence.
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